La crise du détroit d’Ormuz n’est pas restée confinée au Moyen-Orient. Même si un cessez-le-feu précaire a été annoncé, les perturbations du trafic maritime continuent de peser sur l’économie mondiale. Ce passage stratégique, par lequel transite une part essentielle du pétrole mondial, est devenu en quelques semaines un levier de pression aux répercussions immédiates sur les prix, les chaînes d’approvisionnement et la vie quotidienne dans des pays très éloignés de la zone de conflit.
Le Fonds monétaire international estime déjà que la guerre et les perturbations énergétiques ont touché 80 % des pays, avec une baisse de 13 % des flux pétroliers et de 20 % du gaz naturel liquéfié. L’institution évoque des “cicatrices durables” pour l’économie mondiale et anticipe une hausse de la demande d’aide financière internationale.
Le Liban étranglé par les pénuries
Parmi les effets les plus graves, la pression sur l’aide humanitaire est déjà visible au Liban. D’après Reuters, l’Organisation mondiale de la santé avertit que certains hôpitaux libanais pourraient manquer de fournitures médicales vitales en quelques jours. En cause : l’afflux massif de blessés, mais aussi la hausse des coûts de transport et les chaînes logistiques perturbées, en partie à cause de la crise d’Ormuz. Des médicaments de base, y compris pour les malades chroniques, commencent à manquer.
L’impact dépasse d’ailleurs le seul secteur médical. Des groupes humanitaires, dont le Programme alimentaire mondial, constatent des retards et des blocages dans l’acheminement de nourriture, de médicaments et de vaccins vers plusieurs pays fragiles. Les hubs logistiques du Golfe étant eux-mêmes touchés, l’aide met plus de temps à arriver et coûte plus cher. Pour des pays déjà vulnérables comme le Liban, cette crise régionale prend ainsi une dimension presque existentielle.
Essence, inflation, transport : le choc pour les ménages
L’autre conséquence la plus directe se voit à la pompe. La baisse du trafic dans le détroit et la crainte d’une fermeture durable ont poussé les cours du brut à la hausse. D’après Reuters, les perturbations autour d’Ormuz ont déjà provoqué une flambée des prix de l’énergie, au point d’alimenter l’inflation dans de nombreuses économies importatrices. Quand le pétrole grimpe, ce n’est pas seulement l’essence qui augmente : le transport routier, l’aviation, la logistique et donc le prix final des produits suivent.
Ce mécanisme commence déjà à toucher les consommateurs bien au-delà du Moyen-Orient. Les compagnies aériennes font face à un kérosène plus rare et plus cher, certaines réduisent leurs liaisons ou augmentent leurs tarifs, et les coûts du fret maritime restent sous tension. Autrement dit, la crise d’Ormuz se diffuse rapidement dans l’économie réelle : faire le plein, prendre l’avion, transporter des marchandises ou simplement remplir un chariot de courses devient plus coûteux.
Tourisme et emploi : un parfum de choc post-Covid