Société

Quand la réalité israélienne se fond dans la téléréalité

Un des candidats de la version israélienne de l'émission Pekin Express a particulièrement marqué l'édition 2026.

4 minutes
9 avril 2026

ParGuitel Benishay

Quand la réalité israélienne se fond dans la téléréalité

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Hier soir (mercredi), comme chaque semaine, deux candidats ont été éliminés de l'émission ''Merotz Lamillion'', le Pekin Express israélien. Le duo formé par les frères Omri et Itay Rosenblit a quitté l’aventure. Ce binôme était particulièrement entré dans le coeur des téléspectateurs en raison de l'histoire personnelle d'Omri directement liée au 7 octobre et à la guerre que traverse Israël sur plusieurs fronts depuis.

Omri est blessé de guerre, il a été amputé d'une jambe après avoir été gravement blessé à Gaza. Au cours de l’émission, il a révélé pour la première fois les circonstances dramatiques dans lesquelles il a perdu sa jambe. « L’une des maisons dans lesquelles nous sommes entrés était piégée. Elle a explosé, et tout l’immeuble — trois étages — s’est effondré sur nous. Nous avons été ensevelis vivants, mes camarades et moi », a-t-il raconté.
Dans cet incident, Omri a perdu sa jambe gauche. Ce moment a marqué le début d’un long et éprouvant parcours de reconstruction : dix mois de rééducation intensive. Durant toute cette période, Itay, était à ses côtés jour et nuit.

Malgré cette épreuve, Omri a réussi ce que peu auraient imaginé. Deux ans seulement après l’explosion qui a bouleversé sa vie, il s’est retrouvé au départ de l’une des compétitions télévisées les plus exigeantes du pays. Sur Instagram, il a confié son incrédulité : « Si quelqu’un m’avait dit il y a deux ans que j’arriverais ici, j’aurais ri. Participer à “Pekin Express”, parmi des dizaines de milliers de candidats, avec une jambe en moins, affronter 26 concurrents “ordinaires”… et finir trois fois de suite à la première place. »

Pour Omri, l’aventure a toujours dépassé la simple compétition. « Avec une jambe ou deux, ce n’a jamais été l’essentiel », écrit-il. Ce qui comptait vraiment, explique-t-il, c’était la capacité à tomber et à se relever, encore et encore, sans traitement de faveur ni conditions particulières.

Le candidat révèle même que lors de la sélection pour l’émission, la production ne savait pas qu’il portait une prothèse : cette information avait été oubliée dans son dossier. Une anecdote qui souligne à quel point il voulait être jugé comme n’importe quel autre participant.

Lors de l'une des épreuves, la réalité israélienne s'est totalement fondue dans la téléréalité. Le challenge était très physique et le binôme formait par les deux frères peinait en raison du handicap d'Omri. Sans hésiter, un autre candidat a proposé de remplacer Omri, quitte à perdre des places au classement. ''C'est un enfant qui a presque donné sa vie'', explique le candidat, ''Je ne peux même pas imaginer la difficulté, le voir à cet instant où il n'arrive pas à faire l'épreuve, qui sommes-nous pour partir? Ce serait contre tout ce en quoi nous croyons. Le jeu n'a pas d'importance''. Une expression sublime de la solidarité israélienne et de la reconnaissance que les Israéliens vouent à ces jeunes qui ont tout donné pour servir le pays.

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Malgré la déception de l’élimination, Omri refuse de voir cette étape comme une fin. Pour lui et pour Itay, leur participation avait un objectif plus grand : représenter toutes les personnes confrontées à une difficulté, une blessure ou un handicap.
« Nous ne nous sommes pas battus seulement pour Omri et Itay. Nous nous sommes battus pour tous ceux qui portent une limite, une douleur ou un défi. Nous avons ouvert une porte à une nouvelle génération de personnes imparfaites mais capables de grandir grâce aux épreuves. »

L’aventure dans la course s’arrête ici pour les deux frères. Mais pour Omri, cette histoire n’est qu’un chapitre de plus dans un parcours hors du commun — celui d’un homme qui a transformé une tragédie de guerre en symbole de résilience et de courage et qui représente une des facettes de la réalité israélienne depuis deux ans et demi.

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