Bon. Je sais déjà ce que certains pensent. Ils cherchent probablement l’hôpital psychiatrique le plus proche pour m’y signaler. Inutile. C’est Abarbanel Mental Health Center. Et j’y ai mes entrées si je le souhaite.
Je suis parfaitement lucide. Et extrêmement sérieux. Depuis près de vingt ans, chaque jour un peu plus, je mesure la chance que j’ai de vivre ici.
Le pays est engagé sur plusieurs fronts. On tourne à trois heures de sommeil par nuit. Quand on a un enfant à l’armée, on ne dort presque plus. Des jeunes de 18 ans risquent (et parfois perdent) leur vie pendant que leurs contemporains, ailleurs, commencent l’université. Les prix montent, les alertes rythment notre quotidien. Les missiles iraniens font des victimes civiles. L’aéroport ferme, l'Euro et le Dollar sont en berne. Tout est objectivement réuni pour rendre la vie difficile.
Et pourtant, ça tient. Concrètement. L’économie affiche une croissance insolente. Les plages et les restaurants sont fréquentés, l'identité juive est pleine de vigueur. La vie ne s’arrête pas. Le pays reste parmi les plus heureux du monde. La raison est simple, nous sommes chez nous. Cela change tout le paradigme. Cela change la manière, de résister, de vivre. Cela change aussi la manière dont on est jugés de l’extérieur. Quand le concept même de nation comme ciment du “vivre ensemble” s'effrite ailleurs, ici il prend tout son sens.
Israël vivra (malgré vous)
Au concert de nos ennemis qui appellent de leurs vœux à “la "fin d'Israël" s'est jointe la voix de ceux qui se revendiquent être nos amis et la brandissent comme un risque. Ils scrutent chacun de nos actes à la loupe de manière réprobatoire mais n'auraient pas le courage de venir vivre en Israël. Deux derniers exemples en date sont symptomatiques :
D'une part, le vote d'une loi rétablissant la peine de mort pour les criminels coupables d'actes terroristes. Tant d'invectives, d'invocation de Hugo, Badinter et Derrida, de prédictions apocalyptiques pour une loi mal fagotée dont l'avenir institutionnel reste incertain. Pour la remettre dans notre contexte : depuis le 7 octobre 2023 (le pogrom du 7 exclu) les attentats en Israël ont fait 200 morts israéliens juifs et arabes. A l'échelle de la France cela ferait 1400 morts civils dans des attaques terroristes. Qu'auraient pu dire ces brillants esprits ?
"En face" les affrontements entre habitants de Judée Samarie et résidents palestiniens ont causé la mort d'une dizaine d’entre eux. Ces exactions commises par des Israéliens sont inadmissibles et sujettes à des poursuites et condamnations. Ce n'est pas, comme on a pu le lire chez ces héros de plateaux tv, un enjeu majeur de la société israélienne, c'est un phénomène grave qui met notamment en danger nos soldats et qu'il faut absolument éliminer. Nous les remercions, nous ne les attendions pas pour agir.
Un vrai enjeu de survie ?
Je me dis qu'effectivement, j'ai de la chance de vivre dans un pays qui fait tout pour surmonter la menace existentielle d'un Hezbollah ayant sinistré le nord d'Israël et tente sans cesse de nous affaiblir pour envahir la Galilée. Face à l'incurie maladive de l'état libanais de faire respecter la résolution 1701 du conseil de sécurité, comment pouvait on agir autrement ?
J'ai de la chance de faire partie de ce peuple de dix millions d'âmes de la taille d'un confetti, qui compte la meilleure armée de l'air du monde et maîtrise les cieux de l'Iran, adversaire sorti de nulle part, qui jure notre fin depuis 1979, dix fois plus nombreux et soixante fois plus grand.
J'avoue que j'aurais craint de vivre dans un pays comme la France dont le Président manque de discernement quant aux menaces pesant sur son Independence, sur sa dissuasion et sur une partie de sa population. Un pays qui se soumet en silence au racket iranien du droit de passage du détroit d'Ormuz.
Protégez-moi de mes amis....
“Amis” qui pensez peut-être bien faire en nous donnant des leçons de démocratie morale, parfois même au nom d'un judaïsme ''éclairé'', ayez toujours à l'esprit que souvent, le plus grand drame de vos enfants sera leur résultat de Parcoursup. Celui des nôtres est indicible. Toutes les intentions ne se valent pas, même lorsqu’elles prétendent “prévenir ».
Dans la Haftara (portion des Prophètes) de cette semaine, tirée du Deuxième Livre de Samuel, Ouzza tend la main pour empêcher l’Arche de tomber. A première vue c'est un geste logique, un réflexe humain. Et pourtant, il meurt. Non pas parce qu’il voulait mal faire, mais parce qu’il a franchi une limite qui ne dépendait pas de lui.
C’est là que se révèle la différence entre le commentaire extérieur et la réalité vécue. Entre ceux qui jugent à distance et ceux qui assument, chaque jour, le poids des décisions.
Et c’est peut-être cela, au fond, que beaucoup refusent de comprendre : en Israël, plus qu’ailleurs, chaque geste compte. Parce que certains équilibres ne se rattrapent pas.
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