Réunie en session extraordinaire ce samedi, la Haute Cour de justice a autorisé la tenue d’une manifestation à Tel-Aviv, en dépit des restrictions imposées par le Commandement du Front intérieur en raison du contexte sécuritaire. Initialement limitée par la police à 150 participants sur la place Habima, la mobilisation a finalement été élargie à 600 personnes après la décision judiciaire.
Saisie par les organisateurs du rassemblement qui visait à protester contre les opérations militaires en cours en Iran et le gouvernement, la Cour a estimé que les limitations imposées ne prenaient pas suffisamment en compte la liberté de manifester, affirmant que ce droit devait être maintenu « même en temps de guerre ».
Quelques heures après cette décision, un incident grave s’est produit sur la place Habima. Lors du déclenchement d’une alerte au missile, une foule dense s’est précipitée vers les abris, provoquant une bousculade. Un homme d’environ 60 ans s’est effondré et a été évacué dans un état critique après avoir reçu des soins sur place.
Les forces de secours et de police ont également été confrontées à des difficultés pour intervenir en raison de la forte affluence. Cet épisode ravive les critiques contre la Haute cour, beaucoup l'accusant d’avoir sous-estimé les risques sécuritaires liés à un rassemblement de grande ampleur dans un contexte de menaces vitales.
Lors de son cours hebdomadaire samedi soir, le Rishon LeZion et grand rabbin d’Israël, David Yossef, a sévèrement critiqué la Haute Cour de justice pour avoir tenu une audience en plein shabbat et avoir pris une décision contrevenant aux directives du Commandement du Front intérieur.
« Il s’agit d’un acte illégal dans l’État juif », a déclaré le rabbin, accusant les juges d’avoir « bafoué la Torah » et affirmant qu’« aucun Juif pratiquant ne fait confiance à ce groupe effronté ». Selon lui, la Cour a outrepassé son rôle en se substituant aux décisions du Commandement du Front intérieur, chargé d’évaluer les risques pour la sécurité lors des rassemblements.