L'administration Trump examinerait une option militaire afin d'extraire le stock d'uranium enrichi dont dispose le régime iranien. C'est ce que rapporte ce lundi le Wall Street Journal, qui décrit un plan en plusieurs phases s'appuyant sur la maîtrise du ciel iranien acquise conjointement par Israël et les États-Unis dans le cadre de l'opération Rugissement du lion.
L'ambition affichée est de priver l'Iran, de manière définitive et irréversible, de toute capacité à constituer une arme nucléaire. Donald Trump est clair, il ne veut pas d'un accord à ce sujet qui pourrait être violé à tout moment, il veut une garantie indiscutable.
Tel que décrit par le journal américain, le plan se déroulerait en trois phases successives. Dans un premier temps, l'aviation détruirait les systèmes de défense entourant les sites nucléaires. Des unités de commandos prendraient ensuite le contrôle direct des installations de Fordo et de Natanz, avec pour mission de sécuriser les matières sur place et d'en empêcher toute destruction ou dispersion.
La phase la plus délicate serait l'évacuation elle-même : l'uranium serait chargé dans des conteneurs spéciaux anti-radiation à bord d'avions cargo, puis acheminé vers un pays tiers ou directement aux États-Unis. Une source américaine citée par le journal résume l'état d'esprit qui prévaut : « Le président Trump veut voir l'uranium quitter l'Iran dans des conteneurs de sécurité américains. L'objectif est de leur ôter physiquement la capacité de menacer. »
Le plan est présenté comme particulièrement risqué en raison de la profondeur et de la protection des installations souterraines, ainsi que de la présence de forces d'élite des Gardiens de la Révolution. Mais l'estimation dominante à Washington est que la situation actuelle offre une fenêtre d'opportunité sans précédent, qu'il serait périlleux de laisser passer.
Cette urgence est alimentée par des données de plus en plus préoccupantes sur l'état du programme nucléaire iranien. L'Iran disposerait aujourd'hui de 160 à 180 kilogrammes d'uranium enrichi à 60 %, auxquels s'ajoutent des centaines de kilogrammes à des niveaux d'enrichissement inférieurs. Cette quantité place Téhéran à quelques jours seulement de disposer de la matière nécessaire à la fabrication d'une bombe.