Le Qatar avait pris une place centrale sur la scène moyen-orientale ces dernières années. Pourtant depuis le début de l'opération israélo-américaine contre l'Iran, il se fait discret et se retrouve la cible des attaques iraniennes.
Un diplomate arabe bien informé a déclaré hier soir (samedi) à la chaîne israélienne Kan que, pour l'instant, le Qatar ne souhaite pas jouer les médiateurs dans le cadre des négociations en vue d'un cessez-le-feu en Iran. Ces informations sont publiés juste après la visite à Washington du Premier ministre qatari Mohammed Al-Thani et de ses rencontres avec de hauts responsables de l'administration américaine.
Selon cette source, le Qatar éprouve des difficultés à jouer un rôle de médiateur à ce stade, dans la mesure où il se trouve lui-même en première ligne des événements. « Il préférerait que le Pakistan et des pays non impliqués dans la guerre, comme l'Égypte et la Turquie, prennent la tête des efforts de médiation — le Qatar, lui, apporterait son soutien à ces initiatives », a-t-il précisé.
La même source souligne que Doha s'efforce de maintenir un équilibre délicat sur la scène régionale : d'un côté, il ne souhaite pas être perçu par les pays du Golfe comme trop accommodant envers l'Iran ; de l'autre, il œuvre en coulisses en faveur d'une fin des hostilités. Selon des informations concordantes, des arrangements auraient été conclus à Doha avec Téhéran à la suite des frappes contre les installations gazières qataries, ce qui aurait conduit à une réduction significative des attaques contre le pays.
Ces développements s'inscrivent dans un tableau plus large rapporté par plusieurs médias internationaux : une partie des pays de la région — parmi lesquels Oman, le Qatar et le Koweït — travaillerait discrètement à mettre fin au conflit. À l'inverse, d'autres États du Golfe — l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn — continueraient de soutenir la poursuite des opérations militaires jusqu'à l'élimination de la menace iranienne.
Par ailleurs, la visite du Premier ministre qatari aux États-Unis a également porté sur le renforcement de la coopération sécuritaire, dans le contexte des offensives iraniennes, ainsi que sur l'amélioration de la protection des infrastructures énergétiques du pays.