Le nombre d’enfants diagnostiqués avec un trouble du spectre de l’autisme en Israël a connu une progression spectaculaire au cours de la dernière décennie, selon un rapport publié par l’OCDE.
D’après les données analysées, plus de 60 000 enfants bénéficiaient en 2024 d’aides liées à l’autisme, contre un peu plus de 7 000 en 2011. En parallèle, la prévalence dans la population infantile est passée d’environ 0,3 % à près de 1,44 %, plaçant le pays parmi ceux affichant les taux les plus élevés du monde développé.
Si une hausse des diagnostics est observée dans l’ensemble des pays de l’OCDE — généralement de 6 à 10 % par an —, la progression enregistrée en Israël apparaît particulièrement rapide, avec une multiplication par près de dix en une quinzaine d’années.
L’organisation souligne que cette évolution s’explique par plusieurs facteurs : élargissement des critères diagnostiques, meilleure sensibilisation du public, recul de la stigmatisation, mais aussi développement du dépistage précoce et amélioration de l’accès aux services.
Le rapport met notamment en avant la précocité du diagnostic en Israël, souvent établi dès l’âge de deux ans grâce à des dispositifs de suivi du développement infantile. Cette détection rapide est considérée comme un levier important pour améliorer la prise en charge.
Un système sous pression
Malgré ces avancées, l’OCDE met en garde contre les tensions croissantes qui pèsent sur les services publics. Le manque de professionnels spécialisés et les délais d’attente prolongés pour obtenir un diagnostic dans le secteur public poussent un nombre croissant de familles vers des solutions privées.
Cette situation pourrait accentuer les inégalités sociales, les ménages les plus aisés ayant davantage accès à des évaluations rapides et à des prises en charge adaptées.
Le système israélien se distingue également par ses modalités d’attribution des aides. Contrairement à de nombreux pays où les prestations sont ajustées en fonction du niveau de besoin, un diagnostic d’autisme suffit en Israël à ouvrir droit à une allocation spécifique pour enfant handicapé.
Selon l’OCDE, cette approche peut entraîner des déséquilibres : certains enfants aux besoins limités bénéficient de ressources importantes, tandis que d’autres, nécessitant un accompagnement plus intensif, ne reçoivent pas toujours un soutien suffisant.
Les dépenses publiques consacrées à l’autisme ont ainsi fortement augmenté ces dernières années, atteignant plusieurs milliards de shekels par an, en grande partie pour financer l’éducation spécialisée, les soins paramédicaux et les services sociaux.
Le rapport souligne également que de nombreux enfants sont orientés vers des structures spécialisées plutôt que vers l’enseignement ordinaire, contrairement à la tendance observée dans plusieurs pays européens qui privilégient l’inclusion scolaire avec un accompagnement adapté.
Face à ces constats, l’OCDE appelle à une évolution du modèle israélien, en recommandant une meilleure adaptation des services aux besoins individuels et un renforcement des capacités du système public.
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