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Qui dirige vraiment l’Iran ? Les figures clés d’un pouvoir fragmenté

Dans un système historiquement centralisé, les récentes éliminations au sommet ont profondément bousculé les mécanismes de décision, donnant naissance à une direction plus diffuse mais toujours dominée par des figures radicales.

3 minutes
20 mars 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Qui dirige vraiment l’Iran ? Les figures clés d’un pouvoir fragmenté
Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême de l’Iran

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Officiellement, Mojtaba Khamenei a pris la tête du régime. Mais son manque d’expérience, combiné à des informations sur une possible blessure lors des premières frappes, limite fortement sa capacité à gouverner. Discret depuis le début de la guerre, il apparaît davantage comme une figure symbolique que comme un véritable centre de pouvoir.

Dans ce contexte, d’autres acteurs émergent.

Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, s’impose comme une figure centrale. Ancien haut responsable des Gardiens de la Révolution et ex-maire de Téhéran, il combine expérience militaire et politique. Il joue un rôle clé dans la coordination entre les Pasdarans et le système politique et sa capacité à influencer la réponse iranienne aux frappes récentes renforce son poids dans la prise de décision.

Sur le plan militaire, Ahmad Vahidi, commandant des Gardiens de la Révolution, apparaît comme l’un des hommes forts du moment. Ancien ministre de la Défense et de l’Intérieur, il dirige aujourd’hui les opérations contre Israël et les États-Unis. Considéré comme encore plus radical que ses prédécesseurs, il incarne la ligne dure du régime.

Autre figure stratégique : Ali Abdollahi, commandant du quartier général Khatam al-Anbiya, chargé de coordonner l’ensemble des forces armées. Comme une grande partie de l’élite sécuritaire, il adopte une posture extrêmement hostile à l’égard de l’Occident et figure sous sanctions américaines.

Dans l’ombre, Mohsen Rezaï, conseiller principal du guide suprême, reste un acteur influent. Ancien commandant des Gardiens de la Révolution pendant de longues années, il est notamment accusé d’implication dans l’attentat contre la communauté juive de Buenos Aires en 1994.

À l’inverse, les figures civiles du régime semblent marginalisées. Le président Massoud Pezeshkian, probablement le président le plus faible que l’Iran ait connu, et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi poursuivent des contacts diplomatiques avec les pays occidentaux et du Golfe, mais leur influence réelle apparaît très limitée.

Au final, la recomposition du pouvoir iranien dessine un système plus éclaté, mais aussi plus radical. Les éliminations successives ont renforcé un sentiment d’encerclement au sein du régime, tout en poussant ses dirigeants vers des positions encore plus dures.

Dans cette nouvelle configuration, le pouvoir ne repose plus sur une seule figure dominante, mais sur un équilibre instable entre plusieurs centres de décision - militaires, politiques et idéologiques. Un système plus imprévisible, et potentiellement plus dangereux.

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