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L’Iran a tenté de faire passer en contrebande une arme stratégique depuis la Russie - et alors l’aviation israélienne est arrivée

Selon un rapport de The Independent en arabe, la frappe menée hier en mer Caspienne a été déclenchée après des renseignements indiquant qu’un des navires transportait des drones et du matériel électronique avancé depuis la Russie vers l’Iran.

4 minutes
19 mars 2026

ParNathalie Sosna Ofir

L’Iran a tenté de faire passer en contrebande une arme stratégique depuis la Russie - et alors l’aviation israélienne est arrivée
Navires de la Marine iranienne, Wikipédia

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La frappe israélienne menée hier contre la flotte iranienne en mer Caspienne reposait sur des informations de renseignement selon lesquelles l’un des navires transportait une cargaison sensible en provenance de Russie, a rapporté The Independent en arabe.

Selon ce rapport, la cargaison comprenait des drones ainsi que des équipements électroniques avancés. Une source iranienne a affirmé que l’attaque avait été déclenchée après identification de ce convoi maritime. Elle a également indiqué qu’un proche se trouvait à bord du navire visé, confirmant que celui-ci transportait bien ce matériel.

Un responsable militaire israélien a précisé qu’il s’agissait de la première opération de l’armée de l’air dans la zone de la mer Caspienne. Plusieurs navires de guerre iraniens auraient été gravement touchés. D’après des sources arabes, cinq grands bâtiments militaires ont été détruits, ainsi qu’un navire plus petit. La frappe aurait eu lieu près du port d’Anzali, à proximité d’importantes réserves de pétrole et de gaz iraniennes.

En toile de fond, le Wall Street Journal rapporte que la Russie a renforcé sa coopération militaire et de renseignement avec l’Iran, notamment en lui fournissant des technologies améliorées pour drones. Ces équipements viseraient à aider Téhéran à mieux cibler les forces américaines dans la région.

Cette assistance inclurait des composants adaptés pour les drones de type « Shahed », destinés à améliorer leurs capacités de communication, de navigation et de précision. Moscou transmettrait également à l’Iran son expérience opérationnelle acquise en Ukraine, notamment en matière d’emploi tactique des drones : volumes d’engagement, modes d’utilisation et altitudes optimales.

Selon des sources proches du dossier, dont un haut responsable du renseignement européen, ce soutien aurait contribué à améliorer la précision des frappes iraniennes récentes contre des systèmes américains et des infrastructures dans les pays du Golfe. Parmi les cibles évoquées figurent des systèmes d’alerte précoce liés au dispositif THAAD en Jordanie, ainsi que d’autres installations à Bahreïn, au Koweït et à Oman.

Toujours selon ces sources, l’Iran parvient dans le conflit actuel à cibler plus efficacement les forces américaines et les actifs des États du Golfe, comparé à la guerre de douze jours de l’an dernier.

Le mode opératoire iranien - saturation des défenses aériennes à l’aide de drones avant des frappes de missiles - s’inspire directement des tactiques développées par la Russie sur le front ukrainien. Bien que la Russie et l’Iran ne soient pas liés par une alliance militaire formelle, Téhéran est considéré comme l’un des partenaires les plus proches de Moscou au Moyen-Orient. La Russie figure également parmi les principaux fournisseurs d’armes de l’Iran. Leur relation, marquée par des fluctuations depuis la chute de l’Union soviétique, s’est nettement renforcée depuis l’invasion de l’Ukraine. Les deux pays ont mis en place des mécanismes de coopération militaire et sécuritaire, multiplié les échanges de délégations et organisé des exercices conjoints. Moscou a également participé à la mise en orbite de l’un des récents satellites iraniens.

Selon le rapport, lorsque la Russie a intensifié l’usage de drones en Ukraine, une délégation de dizaines d’officiers iraniens s’est rendue en Crimée afin d’observer l’impact de ces appareils sur les villes ukrainiennes et les lignes de front. Kiev affirme que la Russie a utilisé plus de 57 000 drones « Shahed » depuis le début de la guerre.

Depuis, Moscou a accru sa production, amélioré la précision des systèmes de navigation et renforcé la résistance des drones aux brouillages électroniques. Une partie de ces capacités serait désormais transférée à l’Iran. Toutefois, l’ampleur de ce soutien resterait limitée, en raison de la guerre en Ukraine et de la volonté du Kremlin d’éviter une escalade directe avec l’administration Trump.

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