Depuis l’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran, la Chine s’est exprimée de manière très limitée. Le ministère chinois des Affaires étrangères a simplement appelé à « éviter toute escalade » et à « revenir à une solution politique ». Pékin s’abstient toutefois de condamner frontalement Washington ou de soutenir publiquement Téhéran, une prudence qui reflète des calculs stratégiques précis.
L’un des éléments centraux est l’énergie. La Chine est aujourd’hui le premier importateur de pétrole au monde et dépend fortement du Moyen-Orient. Avant la guerre, environ 40 à 45 % du pétrole importé par la Chine provenait du Golfe. L’Iran représente une part importante de ces approvisionnements, souvent achetés à prix réduit malgré les sanctions occidentales. Selon plusieurs estimations d’analystes énergétiques, près de 90 % du pétrole exporté par l’Iran est aujourd’hui acheté par la Chine, souvent via des circuits indirects ou des intermédiaires.
Mais Pékin ne peut pas se permettre de soutenir uniquement l’Iran. Ses relations économiques avec les monarchies du Golfe sont considérables. La Chine est le principal partenaire commercial de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, et elle investit massivement dans leurs infrastructures, leurs ports et leurs projets énergétiques dans le cadre de l’initiative des « Nouvelles routes de la soie ». Un soutien trop visible à Téhéran risquerait de compromettre ces partenariats.
La Chine cherche également à éviter une confrontation directe avec les États-Unis. La rivalité sino-américaine est déjà très forte sur les plans commercial, technologique et militaire. Pékin n’a donc aucun intérêt à transformer une guerre régionale en crise globale impliquant les grandes puissances.
Enfin, Pékin privilégie une stratégie diplomatique de long terme. En mars 2023, la Chine avait déjà réussi à parrainer un accord de réconciliation entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Cette médiation avait été présentée par les autorités chinoises comme un exemple de leur rôle de stabilisateur dans la région. Une implication trop marquée dans le conflit actuel risquerait de détruire cette image de médiateur.
Pour plusieurs analystes, cette prudence pourrait finalement servir les intérêts de Pékin. Si la guerre affaiblit durablement l’Iran et mobilise les États-Unis au Moyen-Orient, la Chine pourrait renforcer son influence économique dans la région… sans avoir tiré un seul coup de feu.
POUR VOUS INSCRIRE A LA NEWSLETTER CLIQUEZ ICI : https://israj.media-j.com/newsletter
POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael