La guerre s’étend vers les infrastructures énergétiques du Golfe
Au septième jour de guerre entre Israël et l’Iran, le conflit commence à toucher directement le cœur énergétique du Moyen-Orient. Des réservoirs de pétrole ont pris feu au terminal pétrolier du port d’Al-Fujairah, aux Émirats arabes unis, après une attaque attribuée à l’Iran. Des images diffusées sur les réseaux montrent plusieurs cuves en flammes tandis que les équipes d’intervention tentent de refroidir les installations avec de puissants jets d’eau.
Le port d’Al-Fujairah est l’un des hubs pétroliers les plus stratégiques de la région. Situé sur la côte orientale des Émirats, il permet notamment d’exporter du pétrole sans passer par le détroit d’Ormuz, un point de passage crucial pour l’approvisionnement énergétique mondial.
Au-delà de cet incident, plusieurs installations énergétiques du Golfe ont été visées depuis le début du conflit. En Arabie saoudite, des installations du géant pétrolier Saudi Aramco ont été touchées à deux reprises ces derniers jours lors d’attaques de drones visant notamment la zone pétrolière de Ras Tanura, l’un des plus importants terminaux énergétiques du royaume.
Ces incidents illustrent l’élargissement progressif de la guerre entre Israël et l’Iran vers les infrastructures énergétiques de la région.
Le Golfe, nouveau front économique du conflit
Les tensions militaires commencent également à produire des effets économiques. Selon le Financial Times, le Qatar a averti que si la guerre se prolongeait, les États du Golfe pourraient être contraints d’interrompre leurs exportations de pétrole et de gaz dans les prochaines semaines.
Une telle évolution aurait des conséquences directes sur l’économie mondiale. Le Golfe représente en effet une part essentielle de la production énergétique mondiale et toute perturbation dans cette région peut rapidement se répercuter sur les marchés internationaux.
Dans ce contexte, les tensions autour de l’Iran et d’Israël dépassent désormais largement le cadre militaire et commencent à affecter l’équilibre énergétique mondial.
Une pression économique croissante contre Téhéran
Parallèlement aux tensions militaires, la pression économique contre l’Iran pourrait s’intensifier. Selon des informations rapportées par le Wall Street Journal, les Émirats arabes unis envisagent de geler des milliards de dollars d’actifs iraniens détenus dans le pays.
Une telle mesure pourrait fortement limiter l’accès de Téhéran aux devises étrangères et aux systèmes financiers internationaux. Depuis plusieurs années, l’Iran s’appuie en effet sur un réseau d’entreprises, de banques et de sociétés de transport basées aux Émirats — notamment à Dubaï — pour contourner les sanctions internationales.
Selon des données du Trésor américain, près de 9 milliards de dollars liés à des réseaux financiers iraniens ont transité en 2024 par des comptes correspondants connectés à des banques américaines. Environ 62 % de ces flux auraient été traités par des entreprises basées aux Émirats, souvent liés au commerce du pétrole iranien via des sociétés écrans.
Selon des sources proches des discussions, des responsables émiratis auraient averti en privé Téhéran de cette possibilité après que l’Iran a lancé plus de 1 000 drones et missiles vers des cibles dans la région depuis le début du conflit.
Les autorités des Émirats examineraient également d’autres mesures, notamment la possibilité de saisir des navires liés au transport de pétrole iranien sous sanctions.
Des tensions économiques qui dépassent le Moyen-Orient
Les conséquences économiques de la guerre pourraient également s’étendre au-delà du Golfe. Selon plusieurs informations relayées par des médias internationaux, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar discuteraient de la possibilité de revoir certains accords économiques avec les États-Unis et de suspendre des engagements d’investissement futurs.
Ces pays disposent de certains des fonds souverains les plus puissants au monde et investissent massivement en Europe et aux États-Unis. Toute révision de ces engagements pourrait avoir des répercussions importantes sur les marchés financiers internationaux.
Dans ce contexte, la guerre entre Israël et l’Iran commence à produire des effets économiques qui dépassent largement la région.
Le détroit d’Ormuz sous surveillance
La situation reste particulièrement sensible autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique entre l’Iran et Oman. Environ 20 % du pétrole mondial, soit près de 20 millions de barils par jour, transitent par cette route maritime.
Même sans fermeture officielle, le simple risque d’attaques suffit à perturber le trafic maritime et à inquiéter les compagnies pétrolières.
Depuis le début de la guerre entre Israël et l’Iran, le prix du pétrole a déjà progressé d’environ 10 %, le baril de Brent dépassant les 80 dollars.
La Bourse de Tel-Aviv résiste… mais jusqu’à quand ?
Dans ce contexte international tendu, la Bourse de Tel-Aviv continue pourtant d’afficher une certaine résilience. Depuis le début de la guerre, les indices TA-35 et TA-125 ont enregistré plusieurs séances positives, soutenus notamment par les valeurs de défense et d’énergie.
Mais l’extension progressive du conflit vers les infrastructures énergétiques du Golfe pourrait changer la donne. Si les tensions devaient encore s’intensifier et perturber durablement les routes énergétiques mondiales, la solidité actuelle des marchés israéliens pourrait être mise à l’épreuve.
Car à mesure que la guerre entre Israël et l’Iran se rapproche du cœur énergétique de la planète, ses conséquences économiques pourraient rapidement dépasser le cadre régional.