Selon plusieurs sources, un mécanisme transitoire se met en place autour d’un conseil présidentiel provisoire composé de trois membres, chargé d’assurer l’intérim. Cette structure aurait déjà commencé à fonctionner au nom du président, avec pour mission de désigner rapidement l’un des leurs comme candidat de consensus. La décision finale reviendrait au Conseil des experts, l’instance religieuse habilitée à désigner le Guide suprême et non à un cercle familial ou à un dauphin désigné d’avance.
Contrairement à certaines spéculations, il ne s’agirait pas d’un simple passage de témoin de père en fils. L’Iran ne fonctionne pas selon un modèle monarchique classique. Plusieurs noms circulent, y compris celui d’un petit-fils de l’ayatollah Khomeiny, identifié comme une figure à sensibilité réformatrice. Mais aucun favori ne s’impose clairement à ce stade.
Dans les cercles d’analyse, trois scénarios dominent : un effondrement brutal du régime - hypothèse jugée peu probable à court terme. une révolution populaire – possible, mais sans dynamique visible immédiate et un coup de force interne, mené par des figures puissantes issues du système, notamment des Gardiens de la Révolution – scénario considéré par plusieurs observateurs comme le plus réaliste.
Sur le plan stratégique, le débat est vif. Des responsables militaires, en Israël comme aux États-Unis, rappellent qu’un changement de régime ne se décrète pas par des frappes aériennes seules. « On ne remplace pas un pouvoir depuis les airs », résument certains hauts gradés. La question devient alors politique : le régime iranien accepterait-il un accord de capitulation partielle ? Serait-il prêt à remettre son uranium enrichi et à renoncer à son programme nucléaire pour sauver sa survie ?
L’histoire récente montre que la priorité absolue du système iranien reste sa propre conservation. À plusieurs reprises, les dirigeants ont fait preuve de ce qu’ils ont eux-mêmes appelé une « flexibilité héroïque » lorsqu’ils estimaient leur maintien en danger. Dans cette logique, si les pressions militaires, diplomatiques et économiques affaiblissent suffisamment le régime, celui-ci pourrait consentir à des concessions majeures - y compris sur le nucléaire - pour éviter l’effondrement. Plus la pression augmente, plus la marge de compromis s’élargit. L’équation est simple : frapper plus fort pour négocier en position de force.