C'est un coup sans précédent dans l'histoire des conflits modernes. Ce samedi matin à 8h10, Israël a frappé simultanément plusieurs sites de réunion de hauts dirigeants iraniens à Téhéran. Le bilan présumé est vertigineux : le Guide suprême Ali Khamenei, son conseiller le plus proche, le commandant des Gardiens de la révolution, le ministre de la Défense, le chef d'état-major de l'armée et le ministre du Renseignement auraient tous été tués lors des premières vagues de frappes. Israël se montre « prudemment optimiste », sans confirmer officiellement les éliminations.
Un plan mûri pendant des mois
L'opération n'a rien d'improvisé. Le plan opérationnel a été élaboré sur plusieurs mois, reposant sur un travail de renseignement minutieux destiné à identifier une fenêtre d'opportunité — un rassemblement simultané de l'ensemble de la hiérarchie du régime. La décision de frapper le matin, et non la nuit comme à l'accoutumée, visait à obtenir un second effet de surprise, malgré les importants préparatifs défensifs iraniens. Au sein de l'unité de ciblage du renseignement militaire, le nombre de cibles aurait été multiplié par plusieurs centaines dans les semaines précédant l'opération. Des sources américaines précisent que c'est Israël, et non Washington, qui est à l'origine des frappes visant spécifiquement les dirigeants du régime.
Khamenei, 86 ans, au pouvoir depuis 35 ans
La cible la plus symbolique est Ali Khamenei lui-même. Âgé de 86 ans et en mauvaise santé depuis plusieurs années, le Guide suprême dirigeait la République islamique d'une main de fer depuis 1989. Depuis l'opération « Eveil du lion », il était réfugié dans un bunker à Téhéran avec sa famille. Ce matin, des images satellites de sa résidence ont montré d'importants dégâts et une épaisse fumée s'élevant des décombres.
Formé dans les séminaires de Qom, proche de Khomeini - son prédécesseur - dès son exil parisien, rescapé d'une tentative d'assassinat en 1981 qui lui avait coûté l'usage de sa main droite — « il me suffit que mon cerveau et ma langue fonctionnent », avait-il alors déclaré — Khamenei avait bâti au fil des décennies un empire de l'ombre, finançant le Hezbollah et l'ensemble de « l'axe de résistance », tout en réprimant brutalement chaque vague de contestation intérieure.
Shamkhani, Fakhpour, Nasir Zadeh, Mousavi : les piliers du régime visés
Parmi les autres hauts responsables présumés tués figure Ali Shamkhani, conseiller intime de Khamenei et secrétaire du Conseil suprême de défense — qui avait déjà survécu de justesse à une frappe lors de l'opération « Eveil du lion », restant coincé trois heures sous les décombres de sa résidence. Deux jours avant les frappes de ce matin, il évoquait encore la possibilité d'un accord nucléaire entre Téhéran et Washington.