Prenant la parole jeudi soir lors du dîner annuel du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), le Premier ministre français Sébastien Lecornu a déclaré que le gouvernement entendait inscrire à l'agenda parlementaire, dès le mois d'avril, une proposition de loi criminalisant les expressions antisionistes.
« Nous inscrirons à l'ordre du jour parlementaire, dès avril, une proposition de loi qui pénalisera les propos antisionistes », a-t-il annoncé. Après la criminalisation de l'antisémitisme, a-t-il poursuivi, « une étape supplémentaire s'impose, car appeler à la destruction d'Israël, c'est appeler à l'anéantissement d'un peuple tout entier. Se définir comme antisioniste, c'est contester le droit d'Israël à exister. »
"soutenir Israël, ce n’est pas soutenir un gouvernement", mais "l’existence d’un État, sa souveraineté, sa sécurité et donc le droit du peuple juif à disposer de lui-même", a ajouté Sébastien Lecornu.
Le Premier ministre a également dénoncé ce qu'il appelle un « brouillage » dangereux entre « la critique légitime du gouvernement israélien et le rejet de l'existence même de l'État juif » — une distinction que la future loi entend graver dans le marbre.
En pratique, le Premier ministre a apporté le soutien de l'ensemble de la coalition à la proposition de loi déposée par la députée Caroline Yadan, élue de 8e circonscription des Français de l'étranger. Si le gouvernement Lecornu peine depuis les élections anticipées de Macron à dégager des majorités stables à l'Assemblée, la droite française devrait soutenir le texte, lui offrant ainsi les voix nécessaires à son adoption.
La réaction ne s'est pas fait attendre. L'eurodéputée LFI Rima Hassan a raillé l'annonce d'une formule cinglante : « On sera tous en prison. »