Le ministère syrien de la Défense a annoncé ce jeudi que des unités de l’armée syrienne avaient pris possession de la base d’Al-Tanf, située dans le sud-est du pays, et commencé à sécuriser ses abords. Cette reprise s’inscrit, selon Damas, dans le cadre d’une « coordination entre la partie syrienne et la partie américaine ». L’annonce, relayée par l’agence officielle SANA, précise que les forces syriennes ont commencé à se déployer le long du triangle frontalier Syrie–Irak–Jordanie. Dans les prochains jours, des unités de gardes-frontières devraient recevoir leurs missions et s’installer dans la zone. De son côté, le United States Central Command (CENTCOM) a confirmé avoir achevé le retrait ordonné de la base. Le commandement américain rappelle qu’en avril 2025, le Pentagone avait annoncé un redéploiement progressif de ses forces en Syrie, dans la continuité de la victoire proclamée contre l’organisation État islamique en 2019.
Bien que modeste et isolée au cœur du désert, la base d’Al-Tanf constituait depuis des années l’un des principaux points d’ancrage de la présence militaire américaine à la frontière syro-jordano-irakienne. Située à proximité du poste-frontière d’Al-Tanf, sur l’axe reliant Damas à Bagdad, elle permettait de surveiller les mouvements de personnes et d’équipements entre les trois pays. Autour du site, Washington avait établi une zone de sécurité d’environ 55 kilomètres de rayon afin de limiter les frictions et maintenir une distance avec des forces hostiles. Officiellement, Al-Tanf servait de « pilier sud » aux opérations de la coalition internationale contre l’État islamique, notamment pour la formation de forces locales et la sécurisation des zones désertiques où opéraient des cellules jihadistes et des réseaux de contrebande. Selon plusieurs médias internationaux, la base aurait également contribué, durant les années de pouvoir de Bachar el-Assad, à perturber les routes de transfert d’armes utilisées par des forces pro-iraniennes entre l’Irak et la Syrie.
Ces dernières années, la base a été la cible d’attaques par drones. Sa position au carrefour des frontières lui conférait aussi un rôle potentiel dans des opérations d’interception aérienne. D’après une dépêche de Reuters publiée en avril 2024, lors de l’attaque iranienne d’ampleur comprenant des drones et des missiles dirigés vers Israël, des systèmes américains de défense aérienne auraient opéré depuis Al-Tanf dans le cadre des tentatives d’interception, bien qu’aucun communiqué officiel n’ait confirmé ce point. Selon un reportage de l’Associated Press, après l’évacuation d’Al-Tanf, environ 900 soldats américains demeurent déployés en Syrie, principalement dans le nord-est du pays.
Pour Israël, la reprise d’Al-Tanf a plusieurs implications. La base contrôlait un corridor clé reliant l’Iran à la Méditerranée et sa présence limitait le transfert d’armes iraniennes vers le Hezbollah et d’autres milices, frein que la Syrie pourra désormais contourner plus facilement. Moins de troupes américaines signifie également une profondeur stratégique réduite pour Israël et un affaiblissement potentiel de la dissuasion régionale contre l’expansion iranienne. La base participait indirectement aux dispositifs d’interception aérienne, et son retrait réduit cette capacité. Enfin, la zone frontalière devient entièrement sous contrôle syrien, ce qui peut faciliter la mobilité des milices pro-iraniennes dans un espace où l’autorité centrale a historiquement alterné entre contrôle lâche et tolérance. La perte d’Al-Tanf ne menace pas Israël immédiatement, mais elle réduit un facteur stabilisateur clé et modifie la dynamique sécuritaire dans le sud-est syrien.
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