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« La guerre plutôt que la capitulation » : l’Iran muscle son arsenal de drones

L’escalade verbale et militaire entre Iran et les États-Unis se poursuit, Téhéran annonce avoir doté son armée de 1 000 drones « stratégiques », capables de frapper des cibles en mer, dans les airs et au sol, et avertit que toute attaque américaine serait considérée comme une déclaration de guerre, et entrainerait une riposte également contre Israël.

4 minutes
29 janvier 2026

ParNathalie Sosna Ofir

« La guerre plutôt que la capitulation » : l’Iran muscle son arsenal de drones
Le porte-avions USS Abraham Lincoln arrivé au Moyen-Orient, Photo : US Navy

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Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, ces drones ont été développés par des experts militaires en coopération avec le ministère de la Défense, « à la lumière des nouvelles menaces et des enseignements tirés de la guerre des douze jours ». Le commandant de l’armée iranienne, Amir Hatami, a affirmé que le maintien d’une capacité de réaction rapide et « écrasante » restait une priorité permanente.

Le ton s’est encore durci avec les déclarations de hauts responsables iraniens. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a assuré que les forces iraniennes avaient « le doigt sur la détente », prêtes à répondre à toute agression sur leurs territoires maritime, aérien ou terrestre.

Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême Ali Khamenei, a été encore plus direct : selon lui, « parler d’une frappe américaine limitée est une illusion ». Toute action militaire américaine déclencherait, a-t-il prévenu, une riposte immédiate et sans précédent, qui viserait « l’agresseur, ses alliés et le cœur de Tel-Aviv ».

Ces messages sont également relayés par les médias proches de l’axe iranien. Le quotidien libanais Al-Akhbar, affilié au Hezbollah, titrait : « L’Iran se prépare. La guerre est préférable à la capitulation ».

Côté américain, Donald Trump multiplie les déclarations de pression. Sur son réseau Truth Social, il a affirmé avoir envoyé une « armada » vers l’Iran et exhorté Téhéran à revenir rapidement à la table des négociations pour conclure un nouvel accord nucléaire. À défaut, a-t-il averti, « la prochaine attaque sera bien plus sévère ».

Selon Reuters et CNN, Trump étudie plusieurs scénarios, y compris des frappes ciblant des dirigeants et des institutions du régime, dans l’espoir de provoquer une mobilisation populaire contre le pouvoir iranien. L’objectif affiché serait de créer les conditions d’un changement de régime, après l’échec des tentatives de médiation, notamment via Oman.

Des responsables américains et européens ont indiqué au New York Times que Washington a posé trois exigences majeures à l’Iran : l’arrêt total de l’enrichissement de l’uranium ; une limitation du programme de missiles balistiques et la fin du soutien iranien à ses relais régionaux, dont le Hamas, le Hezbollah et les Houthis au Yémen. Selon ces sources, les discussions sont au point mort et Téhéran ne montre aucun signe de concession.

Dans ce contexte, le chef du renseignement militaire israélien, le général Shlomi Binder, s’est rendu cette semaine à Washington pour des entretiens avec des responsables du Pentagone, de la CIA et de la Maison-Blanche. Selon le site Axios, il a présenté des renseignements spécifiques sur l’Iran et sur d’éventuelles cibles. Des responsables saoudiens étaient également présents à Washington, tentant parallèlement de promouvoir une voie diplomatique afin d’éviter une guerre régionale. Riyad a d’ailleurs assuré qu’il ne laisserait pas les États-Unis utiliser son espace aérien pour une attaque contre l’Iran.

Malgré les préparatifs militaires, plusieurs diplomates occidentaux et arabes s’inquiètent de la logique suivie par l’administration Trump. Ils craignent qu’une frappe américaine n’affaiblisse encore davantage une contestation iranienne déjà durement réprimée, plutôt que de la raviver. Un responsable israélien cité par Reuters souligne également les limites de l’option aérienne : même l’élimination du guide suprême ne garantirait pas l’effondrement du régime, les Gardiens de la Révolution pouvant combler un éventuel vide du pouvoir. En parallèle, selon le Wall Street Journal, l’Arabie saoudite, le Qatar, Oman et la Turquie tentent toujours de jouer les médiateurs entre Washington et Téhéran. Pour l’heure, ces efforts n’ont pas permis d’éloigner le spectre d’un affrontement militaire.

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