Plus de 500 écrivains, artistes et créateurs ont adressé ce dimanche une lettre au conseiller juridique du ministère de la Culture et des Sports, Danny Horin, demandant un avis juridique sur la décision du ministre Miki Zohar d'annuler des dizaines de prix artistiques pour 2025, privant les artistes de subventions parfois vitales pour le maintien de leur création. Parmi les signataires figurent des personnalités reconnues comme Eshkol Nevo, Leah Ini, Dorit Rabinian, Haim Beer, Daniela London Dekel, Yaniv Itzkovich et Yaakov C. Meir.
Dans leur lettre, les artistes ont écrit : "Nous faisons appel à vous car, selon nous, la décision du ministre est déraisonnable, immorale, inappropriée, voire illégale. Au-delà de l'aspect juridique, nous tenons à souligner que, par sa décision, le ministre nuit à de nombreux créateurs précisément au moment où la société israélienne a besoin d'activités culturelles pour apaiser la douleur de la guerre et du deuil."
Ils ont poursuivi : "Nuire aux créateurs, c'est nuire à la culture israélienne, car il n'y a ni culture ni art sans créateurs. Nuire à la culture israélienne, c'est nuire à la société israélienne et à l'esprit de son peuple."
Les signataires ont soulevé diverses questions concernant la décision et ses motivations. Selon eux, "cette mesure draconienne prise par le ministre l'a été sans aucun préavis à la communauté créative ni au grand public, empêchant ainsi les différents acteurs du paysage culturel israélien de réagir ou de critiquer cette décision".
Ils soulignent également que "les explications du ministre dans les médias, selon lesquelles il aurait annulé les prix car ils sont systématiquement décernés à des créateurs issus d'un certain camp politique, indiquent que les motivations de cette décision sont sans rapport avec les prix et leurs objectifs – ces derniers étant clairement définis dans le règlement des prix et les décisions du ministère de la Culture, conformément à la législation israélienne".
Les signataires ont également souligné le contexte particulièrement défavorable : "L'annulation de ces prix intervient à un moment où la grande majorité des créateurs sont confrontés à des boycotts de la part de nombreuses instances artistiques internationales. Ce contexte rend la décision du ministre cruelle et déraisonnable, sans parler de son décalage avec la réalité vécue par les créateurs israéliens."
Des centaines de créateurs ont insisté sur le fait que, dans certains domaines, ces prix constituent quasiment le seul moyen pour l'État de soutenir la création locale. "Les créateurs en littérature et en arts plastiques, par exemple, ne bénéficient pas d'un soutien public régulier dans le cadre des dispositifs prévus par la loi. De ce fait, ces prix constituent leur unique source de revenus. Par conséquent, les supprimer revient à spolier l'État et va à l'encontre de leur objectif initial, car chacun, même le ministre, sait combien il est difficile de vivre de son art, malgré son immense contribution à la société."
Les artistes ont notamment critiqué l'annulation du prix Dvorah Omer de littérature jeunesse, à un moment où le système éducatif peine à encourager la lecture chez la "génération écran", ainsi que celle du prix Arik Einstein destiné aux créateurs confirmés.
Dans leur lettre, adressée avec copie au président Isaac Herzog, à la procureure générale Gali Baharav-Miara et au ministre lui-même, ils ont répondu à l'affirmation de Zohar selon laquelle l'annulation ne serait valable que pour 2025 : "Le report à une date indéterminée et l'ambiguïté concernant l'avenir global des prix culturels de la part du ministère de la Culture équivalent de facto à une annulation des prix."
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