Société

Sans agrément, sans contrôle, sans protection : des milliers d’enfants dans des structures illégales

Selon la loi, toute structure accueillant sept enfants ou plus doit disposer d’un agrément et se soumettre à un contrôle régulier, dans les faits, cette réglementation reste largement inappliquée.

2 minutes
19 janvier 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Sans agrément, sans contrôle, sans protection : des milliers d’enfants dans des structures illégales
Des bébés dormaiebt sur des matelas dans les toilettes

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Le drame survenu dans une crèche non supervisée à Jérusalem n’est pas un accident isolé mais le symptôme d’un phénomène massif. Des milliers de structures privées pour la petite enfance opèrent en Israël sans licence ni contrôle, souvent dans des appartements, des abris ou des bâtiments temporaires, sans normes de sécurité ni supervision professionnelle.

Selon la loi, toute structure accueillant sept enfants ou plus doit disposer d’un agrément et se soumettre à un contrôle régulier. Dans les faits, cette réglementation reste largement inappliquée. À Jérusalem, les autorités ignorent où se trouvent près de 80 % des enfants âgés de zéro à trois ans. « L’État ne découvre les enfants qu’à l’âge de trois ans », dénonce Miriam Sela, élue municipale, évoquant une « politique d’abandon ».

Le phénomène touche toutes les populations. Les crèches privées partiellement contrôlées coûtent entre 3 000 et 6 000 shekels par mois - entre 780 et 1560 euros- des tarifs inaccessibles pour de nombreuses familles, qui se tournent vers des solutions non encadrées. Les conditions y sont parfois extrêmes : promiscuité, absence de ventilation, équipements dangereux et ratios aberrants pouvant aller jusqu’à une éducatrice pour 30 enfants.

Un rapport du contrôleur de l’État de 2022 estime qu’au moins 1 000 crèches privées échappent au système de supervision, principalement dans les zones défavorisées, ultra-orthodoxes et arabes. Près de 35 % des tout-petits en Israël se trouvent dans des structures privées non contrôlées, et 38 % supplémentaires dans des cadres familiaux sans véritable suivi.

Après le drame de Jérusalem, le ministère de l’Éducation a annoncé la création d’une équipe interministérielle. Une réponse jugée tardive par les élus locaux, qui réclament des moyens concrets, des effectifs de contrôle et un engagement budgétaire réel pour mettre fin à une situation devenue, selon eux, « une bombe à retardement ».

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