La vague de protestation en Iran se poursuit, sur fond de menaces croissantes d’une éventuelle opération militaire américaine contre la République islamique. En Israël, l’attention se porte désormais sur les réactions des États arabes sunnites face à la perspective d’une chute du régime iranien.
Selon de hauts responsables sécuritaires israéliens, un changement notable s’est opéré dans le monde arabe. Là où, par le passé, plusieurs pays – au premier rang desquels l’Arabie saoudite – espéraient la fin du régime de Ali Khamenei, l’heure est aujourd’hui à l’inquiétude. La crainte dominante concerne les répercussions qu’un tel scénario pourrait avoir sur la stabilité régionale.
D’après ces sources, les États arabes redoutent qu’une chute du régime n’entraîne une grave instabilité interne en Iran, sur fond de crise économique persistante. Un tel effondrement pourrait déboucher sur une fragmentation politique du pays et, à terme, menacer la sécurité même des États du Golfe.
Dans ce contexte, le Wall Street Journal a rapporté que les États-Unis avaient récemment averti plusieurs pays du Golfe et leur avaient demandé de se préparer à une éventuelle frappe américaine contre l’Iran. Selon le quotidien, l’Arabie saoudite et d’autres capitales régionales mènent des démarches auprès de l’administration américaine afin de freiner un tel scénario.
Parallèlement, de nombreux commentateurs arabes établissent un parallèle, dans les médias et sur les réseaux sociaux, entre la situation actuelle en Iran et celle qui prévalait en Syrie avant la chute du régime de Bachar al-Assad. À leurs yeux, l’intervention israélienne en Syrie après l’effondrement du pouvoir central constitue une « sonnette d’alarme » et un exemple concret des risques liés à un vide politique dans la région.
Les services de sécurité estiment que l’Arabie saoudite, chef de file du camp sunnite rival de l’Iran, privilégie aujourd’hui avant tout sa stabilité intérieure et économique. Riyad évite toute prise de position publique en faveur du mouvement de contestation iranien, afin de préserver la mise en œuvre de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, et de ne pas compromettre les investissements ni la sécurité du royaume. Pour les dirigeants saoudiens, une dégradation de la situation sécuritaire régionale aurait un impact direct sur l’économie nationale.
Selon ces mêmes sources, les États arabes ne souhaitent pas une chute brutale du régime iranien, mais cherchent au contraire à limiter les risques et à préserver un certain équilibre régional. La principale crainte porte sur le « jour d’après », perçu comme potentiellement plus dangereux et plus imprévisible que le statu quo actuel. À ce stade, l’évaluation dominante reste que le régime iranien ne se trouve pas face à un effondrement imminent.