Dans sa lettre, le secrétaire général affirme qu’Israël viole ses engagements envers l’ONU, la Convention sur les privilèges et immunités des Nations unies ainsi que la Charte de l’ONU. Il précise qu’il informera également de cette affaire l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité. Guterres indique en outre qu’il envisage de saisir la Cour internationale de Justice, en vertu de l’article 30 de la Convention sur les privilèges et immunités de l’ONU.
En réaction, l’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, Danny Danon, a déclaré : « Nous ne sommes pas impressionnés par les menaces du secrétaire général. Au lieu de s’attaquer à l’implication de membres de l’UNRWA dans le terrorisme, il choisit de menacer Israël. Ce n’est pas une défense du droit international, c’est une défense d’une organisation gangrenée par le terrorisme. »
Le mois dernier, des inspecteurs de la municipalité de Jérusalem, accompagnés de forces de police, ont mené une opération dans le complexe de l’UNRWA à Cheikh Jarrah, en raison d’une dette d’impôt foncier accumulée s’élevant à 11,5 millions de shekels.
Il convient de rappeler que la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset a approuvé en deuxième et troisième lectures un projet de loi visant à mettre fin aux activités de l’UNRWA. Le texte a été adopté à l’unanimité : six députés ont voté pour, sans aucune opposition. Selon l’amendement proposé, l’État se verrait accorder le pouvoir de prendre possession de terrains appartenant à l’État d’Israël qui étaient utilisés par l’UNRWA dans certains complexes, dans le cadre de la mise en œuvre concrète de la loi et afin d’empêcher toute activité future de l’agence.
Il y a déjà plus d’un an, une loi avait été adoptée pour mettre fin aux activités de l’UNRWA sur le territoire souverain de l’État d’Israël. Cette loi stipule que l’UNRWA « n’exercera aucune représentation, ne fournira aucun service et ne mènera aucune activité, directement ou indirectement, sur le territoire souverain de l’État d’Israël ». Il est également précisé qu’aucune autorité de l’État — y compris des organismes ou des personnes exerçant des fonctions publiques en vertu de la loi — « n’entretiendra de contact avec l’UNRWA ou avec ses représentants ».
Lors des débats parlementaires consacrés à l’UNRWA, un témoignage personnel particulièrement poignant a été livré par Ayelet Samerano, mère de Yonatan, assassiné et enlevé le 7 octobre par des employés de l’UNRWA. Elle a violemment attaqué l’agence, affirmant qu’il s’agissait d’un organisme qui nourrit et renforce depuis des années les infrastructures terroristes : « L’UNRWA est celle qui alimente, soutient et produit des organisations terroristes tout au long de l’histoire de l’État d’Israël. Presque chaque organisation terroriste ayant existé ici depuis la création de l’État a été encouragée et revitalisée par l’UNRWA, même si nous détruisons le Hamas, l’UNRWA veillera à ce qu’un autre groupe prenne le relais pour nous combattre. » Samerano a ajouté qu’il existait, selon elle, un soutien international croissant aux mesures prises contre l’UNRWA, mais qu’en Israël même, la mise en œuvre de la loi tardait : « Il est inconcevable que je fasse le tour du monde et que tout le monde s’oppose à l’UNRWA, tandis qu’ici, dans notre pays, après l’adoption d’une loi à la Knesset, elle ne soit pas appliquée. Vous le devez à mon fils ». Le projet adopté doit désormais poursuivre son parcours législatif en vue d’un vote définitif en séance plénière.
Dans le même temps, la commission régionale de planification et de construction de Jérusalem a récemment examiné deux projets de construction majeurs, dont l’un concerne le quartier de Cheikh Jarrah. Ce projet prévoit la démolition et la reconstruction d’un complexe résidentiel existant. Il ne s’agit pas encore d’une approbation finale, mais d’une étape avancée du processus de planification — dite de dépôt — permettant la poursuite de l’avancement du projet, sous réserve de la présentation d’objections, d’examens supplémentaires et d’autorisations futures.