Dans son verdict, la commission d’éthique et de discipline de la FIDE conclut à l’unanimité que l’absence de l’équipe iranienne était intentionnelle et constituait une violation directe des principes de non-discrimination de la FIDE. Elle a rejeté l’argument avancé par Téhéran selon lequel des inondations du Danube auraient empêché l’équipe de rejoindre le site de la compétition.
Les organisateurs du tournoi ont en effet confirmé que les conditions permettaient à toutes les équipes de jouer lors de la dernière journée. Un élément jugé déterminant par la commission : l’équipe masculine iranienne, soumise aux mêmes contraintes logistiques, est arrivée à temps et a disputé son match contre l’Arménie. La FIDE souligne également que l’arbitre principal avait été informé en amont d’un possible boycott et n’avait reçu aucune notification officielle de l’Iran le jour du match.
Israël s’est vu attribuer une victoire technique 4–0, décision jugée « claire et justifiée » par la commission. En parallèle, elle a estimé nécessaire d’imposer une sanction financière, bien que inférieure au maximum prévu, en raison de la gravité du choix d’une fédération nationale de refuser une confrontation sportive pour des motifs politiques.
La FIDE a fixé un délai de 21 jours pour le paiement de l’amende. À défaut, la Fédération iranienne d’échecs s’exposerait à une exclusion temporaire d’un an des activités de l’Assemblée générale de la FIDE.
Le président de la Fédération israélienne des échecs, le Dr Zvika Barkai, a salué une décision « importante, qui rétablit le respect et la justice dans le sport israélien », estimant que la FIDE avait pris « une position ferme contre toute forme de discrimination ». Il a rappelé qu’Israël n’accepterait pas que ses athlètes soient victimes de boycotts politiques.
Ce n’est pas la première fois que la FIDE est confrontée à des tentatives de boycott liées à Israël. En novembre 2022, le Championnat du monde par équipes à Jérusalem avait été maintenu malgré les pressions du mouvement BDS. En avril 2023, trois joueurs tunisiens avaient été exclus d’un championnat scolaire mondial en Grèce après avoir refusé d’affronter des joueurs israéliens, dont un enfant de neuf ans.