Un journaliste kurde syrien, qui a requis l'anonymat, a livré dimanche un témoignage poignant sur la situation dramatique de sa communauté dans le nord de la Syrie, lors d'une interview accordée à la chaîne publique israélienne Kan. Les affrontements entre le régime syrien et la minorité kurde au nord du pays se sont intensifiés ces derniers temps avec des attaques des forces du régime dans la région d'Alep.
Originaire d'Afrin, ville du nord-ouest syrien à majorité kurde, le témoin décrit une réalité insoutenable : "Pour moi, ma famille et tous les Kurdes d'Afrin, il n'y a plus de vie. La situation est extrêmement difficile et ne cesse de se dégrader." Il accuse la communauté internationale d'avoir failli à trois reprises (2018, 2024 et 2026) en abandonnant les Kurdes de la région à leur sort.
De retour à Afrin après s'être rendu à Alep, le journaliste affirme avoir été témoin de "scènes terribles". Contrairement aux violences survenues à Soueïda ou sur la côte syrienne, largement documentées, les exactions contre les Kurdes seraient cette fois volontairement occultées : "Ils ont essayé de ne pas filmer, mais des vidéos choquantes circulent quand même sur les réseaux sociaux."
Interrogé sur les espoirs que placent les Kurdes syriens vis-à-vis d'une intervention d'Israël, le journaliste évoque une attente forte : "Nous espérions qu'Israël empêche ce qui se déroule actuellement. Nous attendons des signaux positifs montrant qu'Israël contribuera à instaurer la paix en Syrie, pour tous les Syriens, et particulièrement pour le peuple kurde d'Afrin."
La semaine dernière, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a appelé la communauté internationale à réagir aux attaques contre les Kurdes, deux jours seulement après la reprise de négociations israélo-syriennes sous médiation américaine.
Mais au sein des forces kurdes, cette prise de position est jugée largement insuffisante. Un responsable militaire kurde confie à Kan que chaque avancée diplomatique entre Jérusalem et Damas s'accompagne d'une intensification de la répression contre les minorités : "Hier les Druzes, aujourd'hui les Kurdes. Nous remercions le ministre Saar, mais sur le terrain, Israël n'agit pas. Nous sommes menacés de massacre. À quoi servent les mots ? Israël doit conditionner ses discussions avec Damas à une protection concrète des minorités, pas seulement verbale."
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