Moyen-Orient

Niveau d'alerte maximal en Iran, des dizaines de manifestants supplémentaires auraient été tués

Trump a réitéré ses menaces d'une possible intervention américaine

4 minutes
10 janvier 2026

ParJohanna Afriat

Niveau d'alerte maximal en Iran, des dizaines de manifestants supplémentaires auraient été tués
Manifestation en Iran Photo : Réseaux sociaux 27A

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Confronté à une vague de protestations d'une ampleur inédite, le Guide suprême iranien Ali Khamenei a relevé ce samedi le niveau d'alerte du pays et ordonné aux Gardiens de la révolution de réprimer les manifestations qui menacent la stabilité du régime, selon le Telegraph britannique.

L'état d'alerte actuel dépasse celui observé lors de la guerre de douze jours contre Israël il y a six mois. Des bases de missiles souterraines ont été mises en état d'alerte, Téhéran redoutant une attaque israélienne qui profiterait de l'instabilité intérieure, d'autant que le président américain Donald Trump a de nouveau menacé d'intervenir pour protéger les manifestants.

« Nous suivons la situation de très près", a déclaré le président américain vendredi. "J'ai déclaré fermement que s'ils recommencent à tuer des gens comme par le passé, nous interviendrons. Nous les frapperons là où ça fait mal. Et cela ne signifie pas forcément un déploiement de troupes au sol, mais bien une riposte ferme. »

Des défections au sein des forces de sécurité

Selon l'organisation norvégienne de défense des droits humains Hengaw, certains membres des forces de sécurité auraient refusé d'obéir aux ordres de tirer sur les manifestants. Les Gardiens de la révolution rechercheraient activement ces éléments dissidents, dont plusieurs auraient déjà été arrêtés.

Un haut responsable iranien a confirmé que Khamenei s'appuyait exclusivement sur les Gardiens de la révolution plutôt que sur l'armée ou la police, estimant le risque de défections au sein de cette force « quasi inexistant ». « Il a confié son destin aux Gardiens de la révolution », a-t-il déclaré, ajoutant que le Guide suprême « ne quitterait pas Téhéran, même si des bombardiers B-52 survolaient la ville ».

Un bilan humain très lourd

Les bilans varient selon les sources, mais convergent vers une répression sanglante. L'organisation norvégienne Hengaw fait état d'au moins 51 manifestants tués, tout en soulignant que le bilan réel est probablement plus élevé. L'organisation américaine Human Rights Activists in Iran évoque quant à elle des dizaines de morts parmi les manifestants, 15 membres des forces de sécurité tués et au moins 2 300 arrestations.

Un médecin d'un hôpital de Téhéran a confié au magazine Time que plus de 200 personnes seraient décédées dans la capitale, la plupart tuées par balles. Certaines victimes auraient été touchées par des tirs de mitrailleuse devant un commissariat du nord de Téhéran. Les hôpitaux de la ville sont submergés par l'afflux de blessés, dont beaucoup présentent des blessures aux yeux, une tactique déjà dénoncée lors de précédentes manifestations.

Un manifestant, contacté via le service satellite Starlink, a affirmé au Guardian que des tireurs d'élite étaient positionnés dans le quartier huppé de Tarish Arg. « Nous avons vu des centaines de corps », a-t-il témoigné, une affirmation impossible à vérifier mais corroborée par d'autres témoignages.

Le prince en exil appelle à « occuper les centres-villes »

L'escalade majeure s'est produite jeudi, lorsque la population a répondu massivement à l'appel de Reza Pahlavi à manifester à 20 heures précises. Le régime a immédiatement coupé Internet dans tout le pays, une mesure maintenue depuis trois jours pour empêcher l'organisation des protestations et la diffusion d'images de la répression.

Dans une vidéo diffusée récemment, le prince en exil a appelé à intensifier le mouvement : « Notre objectif n'est plus seulement de descendre dans la rue. Notre objectif est de nous préparer à occuper les centres-villes ». Il a également lancé un appel à la grève dans les secteurs pétrolier et des transports, et s'est déclaré « prêt à revenir » en Iran « très prochainement ».

Menaces d'exécutions

Face à cette contestation sans précédent, le régime durcit le ton. Les Gardiens de la révolution ont publié un communiqué affirmant que « protéger les acquis de la révolution et la sécurité du pays est une ligne rouge ». Le procureur général Mohammad Mobahadi Azad a qualifié les manifestants d'« ennemis d'Allah » et menacé d'exécuter les « émeutiers et terroristes » ainsi que ceux qui les aident.

Le régime accuse les États-Unis et Israël d'instrumentaliser le mouvement. L'agence semi-officielle Tasnim a annoncé l'arrestation de 100 « émeutiers armés » près de Téhéran. Le maire de la capitale a évalué les dégâts matériels à plus de 18 millions de dollars.

À Jérusalem, on estime qu'il existe désormais « une réelle possibilité de renverser le régime », tandis que des manifestations de soutien aux protestataires iraniens se sont déroulées dans plusieurs capitales occidentales, notamment à La Haye.

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