Le président américain Donald Trump a ordonné le retrait des États-Unis de 66 organisations, agences et institutions internationales, marquant un nouveau recul spectaculaire de Washington hors des cadres multilatéraux. L’annonce, faite dans la nuit de mercredi à jeudi par la Maison-Blanche, concerne 31 organismes relevant de l’ONU et 35 entités internationales indépendantes. L’administration justifie cette décision par leur caractère jugé « dispendieux, inefficace et nuisible », accusant nombre d’entre eux de promouvoir des « agendas progressistes » contraires à l’intérêt national américain.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a immédiatement appuyé la décision dans un communiqué particulièrement offensif. Selon lui, les États-Unis ne continueront plus à verser « le sang, la sueur et les ressources du peuple américain » à des institutions qui ne produisent aucun bénéfice tangible et menacent la souveraineté nationale. Rubio a explicitement cité l’opposition de l’administration aux programmes de diversité, d’équité et d’inclusion, ainsi qu’aux campagnes de « parité de genre », devenues selon lui des marqueurs idéologiques dominants au sein de ces organisations.
En Israël, les réactions sont contrastées. Certains responsables saluent une décision perçue comme un coup porté à des institutions accusées d’hostilité systématique envers l’État hébreu. Selon cette lecture, le retrait de la première puissance mondiale assèche des budgets souvent utilisés pour délégitimer Israël et révèle la nature profondément politisée de ces forums internationaux. D’autres voix, notamment dans les milieux juridiques et sécuritaires, redoutent au contraire une stratégie de la « chaise vide » : sans présence américaine pour tempérer les débats, ces instances pourraient se radicaliser davantage, sans contre-poids occidental.
Parmi les retraits les plus sensibles figure le Bureau de la représentante spéciale de l’ONU chargée des violences sexuelles en zones de conflit, qui avait joué un rôle central dans la validation officielle des crimes sexuels commis par le Hamas le 7 octobre. Le départ américain de ce bureau, combiné à la sortie d’UN Women — accusée d’avoir tardé à condamner le massacre — prive ces organismes d’un soutien occidental majeur et les expose davantage aux pressions politiques anti-israéliennes.
Washington se retire également du Bureau du représentant spécial du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, responsable des rapports annuels examinant les atteintes aux mineurs en temps de guerre. C’est ce même mécanisme qui alimente régulièrement les discussions sur l’inscription de Tsahal sur la « liste noire » de l’ONU. L’absence américaine à ce niveau pourrait faciliter des décisions plus dures à l’encontre d’Israël, sans acteur capable d’en atténuer la portée.
La décision inclut aussi l’arrêt du financement du Peacebuilding Fund et du Fonds pour la démocratie de l’ONU, qui soutiennent des ONG palestiniennes et israéliennes, ainsi que le retrait de programmes clés comme Education Cannot Wait, appelé à jouer un rôle central dans la reconstruction du système éducatif à Gaza. Les États-Unis quittent également UN-Habitat, très actif dans les territoires palestiniens et régulièrement critique à l’égard de la construction israélienne dans les implantations.
S’y ajoutent le départ de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (ESCWA), basée à Beyrouth et connue pour ses rapports sur le « coût de l’occupation », ainsi que de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (UNCTAD). Sur le plan juridique, le retrait de la Commission du droit international (ILC) et de la Commission de Venise affaiblit la capacité américaine à influencer l’élaboration et l’interprétation des normes utilisées notamment devant les juridictions internationales de La Haye.