International

L'Iran adresse un message menaçant

Téhéran a durci son ton à l’égard d’Israël et des États-Unis, allant jusqu’à évoquer pour la première fois la possibilité d’une frappe préventive

4 minutes
6 janvier 2026

ParNathalie Sosna Ofir

L'Iran adresse un message menaçant
Émeutes en Iran

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Les manifestations se poursuivent dans les rues d’Iran. Les autorités de la République islamique ont annoncé mardi soir qu’un policier avait été tué dans la province d’Ilam, dans l’ouest du pays, après avoir été, selon les informations disponibles, abattu par des manifestants. Selon l’opposition iranienne, des protestations ont également eu lieu dans la capitale, Téhéran.

Dans ce contexte de contestation intérieure, que le New York Times décrit comme ayant plongé le régime dans un « mode survie », l’Iran a durci son ton à l’égard d’Israël et des États-Unis, allant jusqu’à évoquer pour la première fois la possibilité d’une frappe préventive. Dans un communiqué publié aujourd’hui par le Conseil de défense iranien, un organe créé après la « guerre des douze jours », il est affirmé que « la sécurité, l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Iran constituent une ligne rouge à ne pas franchir ».

Le communiqué va plus loin en suggérant que Téhéran n’exclut plus une action militaire préventive contre Washington ou Jérusalem. « Toute agression ou la poursuite d’un comportement hostile entraînera une réponse proportionnée, ferme et résolue. Dans le cadre de la légitime défense, l’Iran ne se considère pas tenu d’attendre qu’une attaque ait lieu : les signaux annonciateurs de menace font pleinement partie de l’équation ».

Le président iranien Massoud Pezeshkian a, de son côté, averti la population : « Les ennemis cherchent à inciter le peuple et tentent de provoquer un affrontement entre la population et le régime. Malgré les difficultés, nous aspirons à la justice et devons dialoguer avec le peuple. Il est de notre devoir de résoudre ses problèmes. »

Malgré la tension,Jérusalem estime que le régime iranien ne s’effondrera probablement pas à ce stade, notamment parce qu’aucune intervention extérieure ne semble imminente, ni de la part des États-Unis, malgré les menaces de Donald Trump, ni de la part d’Israël. Une attaque contre l’Iran pourrait renforcer au contraire la cohésion nationale autour du régime, comme cela s’est produit par le passé, notamment lors de la guerre Iran-Irak.

Concernant Washington, bien que Donald Trump adopte un ton offensif après son succès au Venezuela avec l’arrestation du président Nicolás Maduro, une attaque au Moyen-Orient demeure complexe. De nombreux civils et soldats américains sont déployés dans la région et pourraient devenir des cibles de représailles iraniennes, sans compter les menaces directes contre Israël.

Sur le plan diplomatique, le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, a indiqué que Doha est en contact à la fois avec Washington et Téhéran et se dit prête à œuvrer pour prévenir une escalade : « Toute escalade impliquant l’Iran menacerait non seulement la stabilité régionale, mais aussi celle de la communauté internationale ».

Mike Evans, proche de Donald Trump, a affirmé que « Trump n’est pas un président des guerres » et qu’il fera tout pour éviter un nouveau conflit avec l’Iran. Selon lui, Trump « utilise à la fois la carotte et le bâton avec Téhéran. Ils savent qu’il est sérieux. Il a déjà prouvé sa détermination lors d’une frappe précédente et leur laisse une chance. Mais il ne permettra pas à l’Iran de devenir une puissance nucléaire — s’ils essaient, il frappera de nouveau ».

La vague actuelle de manifestations, déclenchée par la crise économique et la chute brutale de la monnaie iranienne, est la première depuis la fin de la « guerre des douze jours » avec Israël. Il s’agit des protestations les plus importantes depuis le mouvement contre le hijab en 2022, après la mort de Mahsa Amini, 22 ans, arrêtée pour un port jugé « incorrect » du voile. À ce stade, l’ampleur des manifestations reste toutefois inférieure à celle observée lors des mobilisations massives de ces dernières années.

Rappelons que lundi le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a adressé un avertissement clair lors d’un discours à la Knesset : « Si l’Iran nous attaque, les conséquences pour l’Iran seront extrêmement graves ».

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