En 2025, plusieurs signaux semblaient aller dans le bon sens : un cessez-le-feu à Gaza, un Hamas affaibli, un Hezbollah sous pression et une Iran fragilisée après une série de revers. Mais, selon les auteurs, ces avancées se sont heurtées à la réalité tenace des dynamiques régionales. « Les évolutions prometteuses ont percuté de plein fouet la dureté de la politique moyen-orientale », écrivent-ils, estimant que 2026 a peu de chances d’inverser la tendance.
Le diagnostic est sans concession : le Hamas, le Hezbollah et l’Iran ont été affaiblis, mais aucun n’a été véritablement vaincu. Israël continue de recourir à la force militaire pour contenir les menaces à Gaza, au Liban et en Syrie, tout en maintenant une présence territoriale sur ces trois fronts. En parallèle, la Judée-Samarie reste sous haute tension, tandis qu’Israël poursuit une politique qualifiée de facto d’annexion, alimentant un climat explosif.
À Gaza, les auteurs estiment que le statu quo a toutes les chances de perdurer. Le Hamas, bien que diminué, demeure la force palestinienne dominante sur le terrain. Sa survie permet au gouvernement israélien de repousser tout débat substantiel sur la création d’un État palestinien. « La vérité inconfortable, notent-ils, est qu’Israël comme le Hamas semblent plus à l’aise avec une Gaza fragmentée qu’avec les risques qu’impliquerait un changement profond. » Dans ce contexte, 2026 pourrait ressembler fortement à 2025 : une gestion du conflit fondée sur la supériorité militaire israélienne et une escalade maîtrisée.
Le front libanais n’offre guère plus d’espoir. Le Hezbollah, à l’instar du Hamas, sort affaibli mais intact de la confrontation. Il cherche à se reconstruire, tandis qu’un État libanais paralysé par la peur d’une guerre civile et une armée divisée manquent à la fois de volonté politique et de capacité opérationnelle pour imposer son désarmement. Toute percée majeure paraît donc improbable à court terme.
Un espace d’opportunité existe toutefois en Syrie. Les auteurs rappellent que Washington a récemment facilité des discussions indirectes entre Israël et Damas autour d’un accord sécuritaire. Un tel arrangement, sous médiation américaine, pourrait contribuer à réduire les tensions et à stabiliser la scène syrienne intérieure. Mais il impliquerait, soulignent-ils, une question hautement sensible : un retrait israélien de zones occupées depuis la chute du régime d’Assad, condition politiquement explosive à Jérusalem.