Fondateur d'Amdocs et des célèbres Pages d'Or, cet olé sud-africain aura marqué l'histoire technologique et scientifique d'Israël par son audace et sa persévérance. Il s'est éteint hier, 1er janvier, à Tel Aviv.
Né le 5 mars 1930 à Benoni, en Afrique du Sud, dans une famille juive originaire de l'Empire russe, Morris Kahn fait son alya en 1956 avec son épouse Jacqueline et leurs deux fils. Militant d'un mouvement de jeunesse sioniste, il s'installe dans le jeune État et étudie la comptabilité avant de se lancer dans les affaires.
Ses débuts entrepreneuriaux sont marqués par une série d'échecs : usine de gants en cuir, brevet anti-vol automobile, élevage bovin dans la vallée de Hula, fabrication de vélos... Autant de tentatives infructueuses qui n'entament pas sa détermination.
Le tournant survient en 1967 lorsqu'il remporte un appel d'offres du ministère des Télécommunications pour produire des annuaires téléphoniques classifiés. L'année suivante naissent les "Dapei Zahav" (Pages d'Or), qui deviendront une institution dans chaque foyer israélien.
En 1982, Morris Kahn cofonde avec Boaz Dotan et Avinoam Naor la société Aurec Information, précurseur d'Amdocs. Cette entreprise deviendra un géant mondial du logiciel, fournissant des services aux opérateurs de télécommunications sur tous les continents. Rachetée à 50% par Southwestern Bell en 1985, puis introduite en bourse à Wall Street en 1998, Amdocs permettra à Kahn de réaliser une fortune estimée à un milliard de dollars lors de la vente de ses actions.
Grand amateur de la mer, Kahn fonde en 1974 Coral World, société spécialisée dans les observatoires sous-marins. L'année suivante, il inaugure le premier observatoire marin d'Eilat. L'entreprise étendra son réseau à Perth (Australie), Maui (Hawaï) et Palma de Majorque.
Son engagement pour les sciences marines se concrétise également par la création d'une station de recherche portant son nom à l'Université de Haïfa, au kibboutz Sdot Yam. Cette installation se consacre notamment à la surveillance des déplacements de requins le long des côtes israéliennes.
Mais c'est peut-être le projet Bereshit qui incarne le mieux la vision audacieuse de Morris Kahn. À partir de 2012, il investit environ 40 millions de shekels dans l'association SpaceIL, sur un budget total de 100 millions, pour la première mission israélienne vers la Lune. Président de l'association depuis 2016, il en devient le président d'honneur en 2017.

Photo by Tomer Neuberg/Flash90
En avril 2019, malgré l'échec de l'atterrissage de la sonde qui s'écrase sur la surface lunaire, Kahn refuse d'abandonner. Sans perdre une minute, il annonce le lancement de "Beresheet 2" et mobilise, en 2021, 70 millions de dollars supplémentaires avec Patrick Drahi et Martin Moshal.
Cette détermination lui vaut d'allumer un flambeau lors de la cérémonie du 71e anniversaire de l'indépendance d'Israël en 2019, aux côtés de Kfir Damari.
Au-delà de ses succès entrepreneuriaux, Morris Kahn s'est illustré par son engagement philanthropique. Investisseur dans de nombreuses entreprises israéliennes (Arutzei Zahav, Kavei Zahav, Netvision, Maxmedia), il crée également l'organisation LEAD dédiée au développement du leadership des jeunes générations et soutient activement l'association environnementale Tzlul, fondée par son fils Benjamin.
Le président Itshak Herzog lui a rendu hommage : "Morris Kahn était un entrepreneur et un homme de vision. Il a rêvé jusqu'à la Lune, mais est toujours resté les pieds profondément enracinés dans l'amour de l'État et le souci de la société israélienne. Sa contribution importante à l'État et son leadership pionnier resteront à jamais gravés dans nos cœurs."
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