Kayhan : « Le projet du chaos n’a pas décollé »
Le quotidien Kayhan, considéré comme l’un des porte-voix du régime des ayatollahs, titre :
« Le projet du chaos n’a pas pris, le peuple a rejeté les marionnettes israéliennes et américaines ». Selon le journal, « la société iranienne sait parfaitement faire la différence entre une protestation et le chaos » et refuse que des revendications économiques soient instrumentalisées pour déstabiliser le pays. Kayhan appelle toutefois les autorités à « passer aux actes » et à garantir la stabilité économique par « des décisions sérieuses et courageuses ». Le journal reconnaît que la volatilité du taux de change et l’inflation exercent une pression réelle sur la population, mais affirme que celle-ci s’est traduite uniquement par des rassemblements limités, notamment de syndicats autour du bazar de Téhéran. Il ne s’agirait pas d’un mouvement politique large, mais d’« une réaction à l’incertitude économique et à une demande claire de régulation du marché des devises et de lutte contre l’inflation ». Selon Kayhan, une tentative planifiée aurait visé à transformer ces rassemblements en émeutes : « Le bazar, symbole historique et économique, est toujours une cible privilégiée pour ceux qui cherchent l’instabilité. Le calcul était que si le marché s’embrasait, la contestation se propagerait à d’autres couches de la société. » Le journal ajoute que la mobilisation devait être amplifiée par les réseaux sociaux et les médias pour « se déguiser en soulèvement national », autrement dit en chaos. « Ce qui a fait échouer le scénario de l’ennemi, c’est la vigilance nationale et la gestion du terrain. Le peuple iranien, malgré les difficultés économiques, a montré qu’il endure, mais ne se laisse pas tromper. »
Vatan-e Emrooz : « Le rôle du régime sioniste était manifeste »
Le quotidien conservateur Vatan-e Emrooz affiche en une le slogan « Le front du peuple iranien », avec un message ouvertement pro-régime. Il accuse l’opposition, les exilés et leurs soutiens étrangers d’avoir tenté, dès le début des protestations, de transformer le mécontentement économique en chaos sécuritaire.Selon le journal, il s’agit d’un schéma récurrent attribué aux États-Unis et « en particulier au régime sioniste », visant à exploiter toute contestation interne en Iran comme levier de déstabilisation. Le journal affirme qu’une « machine de propagande étrangère » a cherché à amplifier artificiellement les manifestations, citant des comptes israéliens et américains en persan sur les réseaux sociaux. Il évoque notamment des messages publiés par des comptes attribués au département d’État américain et au Mossad en persan, appelant les manifestants à poursuivre leur mobilisation et affirmant :« Nous sommes avec vous, pas seulement de loin, mais aussi sur le terrain. » Selon Vatan-e Emrooz, ce message dépasse le simple soutien moral et constitue « une forme d’ingérence pratique », démontrant une volonté d’exploiter toute protestation économique susceptible de se transformer en crise politique.