La bataille judiciaire autour du financement des établissements éducatifs haredim a pris un tournant délicat. Alors que la Cour suprême a ordonné le gel provisoire de fonds publics destinés à des écoles ne respectant pas les obligations légales de supervision et d’enseignement du tronc commun, des sources au sein des partis ultra-orthodoxes affirment qu’une partie substantielle de l’argent a déjà été transférée.
Selon les médias israéliens, environ 450 millions de shekels auraient été versés ces dernières semaines, principalement sous forme de compléments de salaire pour les enseignants, avant même l’ordonnance de gel émise par la Haute Cour. Cette situation crée un fait accompli budgétaire, au cœur d’une affaire déjà hautement politique.
Dans l’opposition, le parti Yesh Atid entend réagir rapidement. Selon plusieurs médias israéliens, la formation dirigée par Yaïr Lapid devrait déposer une demande de « mesure corrective » afin d’exiger le retour à l’État des sommes déjà transférées. Une telle démarche impliquerait, en théorie, que les enseignants rémunérés grâce à ces fonds restituent l’argent au Trésor public — un scénario juridiquement et socialement explosif.
Yaïr Lapid a justifié la saisine de la Cour suprême en soulignant qu’il ne s’agissait pas d’un conflit idéologique, mais d’un enjeu de légalité. Selon lui, la question centrale est le respect de la loi par des institutions bénéficiant de fonds publics. Il a réaffirmé que le financement de l’État est conditionné à l’enseignement des matières fondamentales, indispensables à l’intégration professionnelle et économique des élèves.