Le débat autour des salaires des hauts fonctionnaires a été houleux ce mardi à la Knesset lors de la discussion autour de la loi proposée par le député Avihaï Boaron (Likoud).
La proposition, déjà approuvée en première lecture, vise à "égaliser" les salaires entre les différentes autorités, notamment en réduisant drastiquement les rémunérations des juges (au lieu d'augmenter celles des députés et ministres).
Selon le député Boaron, "la fête est finie. Il est inacceptable qu'un juge d'un tribunal de district gagne plus que le président de l'État, inacceptable que le chef des services pénitentiaires gagne plus que le Premier ministre, et inacceptable que le gouverneur de la Banque d'Israël gagne plus que le chef de l'opposition."
En effet, aujourd'hui c'est le président de la Cour suprême qui touche le salaire le plus élevé dans le secteur public avec plus de 120000 shekels par mois. Le Président de l'Etat, lui, touche 68000 shekels par mois et le Premier ministre 59000.

Colonne de droite: salaire actuel. Colonne de gauche: la somme que la loi veut déduire du salaire actuel
"La loi que je propose crée une hiérarchie", a déclaré Boaron. "Au sommet de la pyramide (100%) se trouve le président de l'État, en dessous (97%) les chefs des trois pouvoirs, et en dessous (94%) – le vice-président de la Cour suprême, le chef de l'opposition et le vice-Premier ministre. En dessous (88%) les ministres, les juges de la Cour suprême, les grands rabbins, et ainsi de suite. En dessous (82%) les présidents des tribunaux de district, etc., et en dessous (76%) les membres du Grand Tribunal rabbinique, les cadis (juges religieux musulmans, ndlr), les juges seniors et les membres de la Knesset."
Le député du Likoud précise que la proposition peut être débattue. "Au cours des discussions en commission, nous affinerons la proposition et inclurons également les directeurs généraux des ministères et les hauts fonctionnaires du secteur public, ainsi que les échelons salariaux des cadres supérieurs des systèmes de sécurité. Et qui déterminera les 100% ? Qui décidera concrètement de quel montant il s'agit ? Pas les législateurs puisqu'ils sont partie prenante, mais une commission publique professionnelle qui siégera et décidera de la question."
Boaron a ajouté : "En ces temps où le coût de la vie est élevé, cette distorsion doit cesser ! La loi devrait faire économiser à l'État des dizaines de millions de shekels par an, et plus important encore - restaurer l'ordre correct dans le système."