L'opposition israélienne a empêché le Qatar d'être élu président du Processus de Kimberley, l'organisation internationale qui supervise l'industrie diamantaire mondiale. Cette décision, prise le week-end dernier, marque une nouvelle victoire diplomatique pour le ministre israélien de l'Économie, Nir Barkat, dans sa campagne contre Doha.
Une organisation cruciale pour lutter contre les "diamants de sang"
Le Processus de Kimberley regroupe 86 pays dotés d'une industrie diamantaire développée, dont Israël. Son objectif est de lutter contre le commerce des « diamants de sang », issus de l'esclavage des enfants et du financement du terrorisme. La présidence de l'organisation nécessite l'accord unanime de tous les pays membres.
Dès la fin de l'année 2024, le Qatar avait tenté de prendre la présidence de l'organisation pour 2025, mais s'était heurté au veto du ministre Barkat. Doha a récemment renouvelé sa candidature pour 2026, mais le ministre israélien a de nouveau clairement indiqué qu'Israël y opposerait son veto. Face à cette opposition ferme, le Qatar a finalement retiré sa candidature, ouvrant la voie à l'élection de l'Inde pour diriger l'organisation.
Le ministre de l'Économie israélien a toujours adopté une position intransigeante envers le Qatar. Il a notamment initié une loi visant à qualifier l'émirat d'État terroriste. En avril 2024, il avait interpellé le Premier ministre pour qu'« une enquête urgente soit menée sur toute personne ayant été en contact avec l'État du Qatar ou des entités et entreprises agissant pour son compte, ayant reçu un paiement de leur part, ou participant à une activité du ministère de la Défense, de Tsahal, du Shin Bet, du Mossad », concernant leur conduite dans le cadre de décisions sécuritaires liées au Qatar.
Conformément à cette ligne, Barkat a informé le ministère des Affaires étrangères et le représentant israélien au sein de l'organisation que l'opposition d'Israël à une présidence qatarie n'était pas négociable.