Selon ces sources, l’installation de radars turcs en Syrie réduirait significativement la liberté d’action de l’armée de l’air israélienne dans l’espace aérien syrien. Ces systèmes permettraient de détecter les mouvements des avions israéliens lors de frappes en Syrie mais aussi lors de missions plus lointaines, puisque l’aviation israélienne utilise régulièrement le ciel syrien comme corridor aérien vers l’Iran.
Un responsable occidental précise que la Turquie présenterait ce déploiement comme une aide aux forces du président syrien Ahmed al-Sharaa, en transférant formellement les radars à l’armée syrienne. En pratique, les systèmes resteraient opérés par du personnel turc, offrant à Ankara un accès direct aux données de renseignement collectées.
Ces inquiétudes expliquent, selon des responsables sécuritaires israéliens, les frappes menées par Israël contre des bases aériennes syriennes, notamment la base T-4, peu après la chute du régime de Bachar el-Assad. À Jérusalem, on redoute que la Turquie n’établisse des infrastructures militaires permanentes, voire une base aérienne, en Syrie : « Une base aérienne turque en Syrie constituerait une atteinte directe à notre liberté d’action, c’est une menace potentielle que nous ne pouvons accepter. »
Cette semaine encore, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, le ministre de la Défense Yaşar Güler et le chef du renseignement İbrahim Kalın se sont rendus à Damas pour des discussions avec les autorités syriennes. En Israël, ces échanges sont suivis de près, tant ils pourraient modifier l’équilibre stratégique régional. Des analystes estiment que les radars turcs renforceraient les capacités de défense aérienne syriennes, facilitant la détection des opérations israéliennes vers l’Irak et l’Iran.