Des policiers de la région du Yarkon avaient été appelés dans un appartement d’un quartier huppé du nord de Tel-Aviv, après que des voisins ont signalé une odeur suspecte. Igo Margolis y a été retrouvé allongé sur son lit, sans vie. Son corps a été transféré à l’institut médico-légal, où il est resté plusieurs semaines, sans que personne ne vienne le réclamer.
L’enquête a révélé une vie marquée par la solitude. Né en Pologne, Margolis avait immigré en Israël à la fin de la Seconde Guerre mondiale avec sa mère. Son père avait été assassiné pendant la Shoah. Sa mère s’était remariée en Israël, mais aucun autre enfant n’était né. À la mort de ses parents, Igo était resté seul, sans descendance ni famille élargie.
La commandante Shai Avro, cheffe du bureau des enquêtes, a tenté l’impossible : recherches via Interpol auprès des autorités polonaises, démarches auprès de Yad Vashem, sans succès : « Igo m’a profondément touchée, imaginer qu’il ait vécu seul, dans une grande ville, et qu’il reste seul même après sa mort… c’était insupportable. »
Faute de proches, Margolis devait être enterré dans une sépulture collective, comme c’est souvent le cas pour les personnes sans famille. Une perspective inacceptable pour le commandant Eli Menashe, chef d’une unité de réserve et bénévole du projet « Nétser Aharon » qui a réussi à lui obtenir une tombe individuelle au cimetière de Yarkon : « Nous avons décidé que ce seraient les policiers qui deviendraient sa famille. Igo méritait une sépulture digne, un Kaddish, une présence humaine ».
