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Tribune - Bannir l'antisionisme

Daniel Saada s'interroge sur les leçons qui ont véritablement été tirées de l'attentat de Sydney.

4 minutes
22 décembre 2025

ParDaniel Saada

Tribune - Bannir l'antisionisme
Photo by Erik Marmor/Flash90

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Après l’attentat de Bondy Beach qui a frappé de plein fouet la communauté juive australienne et bien au-delà au vu des réactions unanimes de condamnation et de sollicitude vis-à-vis de la communauté juive qui se sont exprimées depuis, je ne suis pas sûr que les leçons aient été tirées comme il le faut. 

Cet attentat horrible comme tant d’autres qui l’ont précédé sous d’autres cieux, sur tous les continents et qui à chaque fois nous glace le sang est peut-être un petit peu différent. 

Il ne se distingue pas seulement par sa cruauté, par la précision et la détermination la plus insensible et la plus inhumaine qui soit de ceux qui l’ont perpétré – un père et son fils qui partent tranquillement massacrer des innocents comme s’il s’agissait d’une activité anodine et presque…ludique ou éducative pour un géniteur qui cherche à faire passer un message fort aux générations futures.  

Ce qui caractérise je crois cet attentat c’est tout simplement qu’il était prévisible.  

Il est incontestablement le résultat d’un climat politique, idéologique et sociétal qui abime profondément la société australienne depuis plusieurs années et qui s’est aggravé depuis le 7 octobre 2023. 

Il est le fruit d’une campagne de haine qui s’exprime sans vergogne et sans aucune entrave dans la sphère publique, avec une double stratégie agissant de manière quasiment symétrique : d’une part il s’agit d’accabler Israël et les Juifs de tous les crimes et de toutes les abominations, d’autre part d’étouffer et dissimuler les atrocités du Hamas pour mieux ouater et enrober le narratif islamo-palestinien érigé en cause suprême et ultime de l’engagement citoyen, progressiste et vertueux. 

Le piège est ainsi tendu, le gouvernement australien s’y est engouffré en reconnaissant la Palestine en septembre dernier livrant ainsi le gage monstrueux du succès de cette stratégie infamante. 

C’est d’ailleurs le reproche que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a formulé à son collègue australien l’accusant de ne pas avoir écouté ses mises en garde et d’avoir jeté de l’huile sur le feu avec cette reconnaissance de la Palestine.  

Qu’aurait donc dû faire le gouvernement australien ? 

La réponse est valable pour l’Australie mais elle est d’actualité partout aujourd’hui où cette haine d’Israël est devenue monnaie courante et se propage dans toutes les sphères, politiques, syndicales, éducatives, universitaires et surtout dans la rue avec les manifestations monstres que nous avons vu depuis le 7 octobre. 

La haine d’Israël est inacceptable. L’antisionisme est une aberration mais il est surtout coupable d’engendrer les pires monstruosités que nous voyons depuis trop longtemps, à Bondy beach comme à l’école Otzar hatorah de Toulouse ou à l’Hypercacher. 

L’antisionisme doit être mis hors la loi exactement comme l’antisémitisme l’a été dans toutes les démocraties libérales et occidentales. 

Avant la seconde guerre mondiale, l’antisémitisme n’était pas répréhensible. On le considérait comme une opinion légitime. Il y avait en France pour ne prendre que le seul exemple de ce pays, des dizaines d’organisations politiques et idéologiques qui n’avaient pas d’autre programme que la haine des Juifs ; la « ligue nationale antisémitique » de Drumont était la plus célèbre. Michel Winock historien spécialiste de la Troisième république estimait qu’il suffisait, au début du siècle précédent, pour un candidat d’avoir un programme antisémite pour se faire élire député ou conseiller municipal. 

La Shoa nous a enseigné les conséquences de cette « liberté » que les démocraties se sont permis de prendre avec des idéologies aussi abjectes que l’antisémitisme. 

Car lorsque la haine des Juifs progresse ce sont les valeurs de l’Etat de droit et des démocraties libérales qui reculent

Voilà pourquoi il faut avoir le courage, le discernement et la détermination de rendre l’antisionisme hors la loi comme l’a été l’antisémitisme et le révisionnisme de la Shoah. 

L’antisionisme n’est pas le droit à la critique d’Israël ou de son gouvernement – un peu plus de 10 millions de citoyens israéliens s’en chargent aisément quotidiennement avec fougue et ardeur.  

L’antisionisme n’est pas une opinion, c’est un délit. Il est aujourd’hui le fil conducteur de la haine des Juifs que relaie l’islamisme radical. 

« L’antisionisme n’est que la forme réinventée de l’antisémitisme ». 

Devinez qui je viens de citer ? 

Un certain Emmanuel Macron qui ferait bien de mettre en pratique ce qu’il a dit. 

Chronique de Daniel Saada sur Radio J en date du 21/12/2025

Daniel Saada était ambassadeur d'Israël en France


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