Le tribunal rabbinique pour les agressions sexuelles, créé par le Rav Shmouel Eliahou, a formé 23 rabbins communautaires à la prise en charge des victimes d'agressions sexuelles. Cette formation de plusieurs semaines vise à transformer la manière dont les communautés religieuses abordent ces questions délicates.
Le programme, qui s'est étalé sur plusieurs semaines, couvre les dimensions religieuses, professionnelles et juridiques de l'accompagnement des victimes.
L'objectif est double : permettre aux rabbins de mieux répondre aux situations d'agressions et de protection qui leur sont rapportées, et élargir la capacité de la communauté à offrir un accompagnement adapté tout en répondant aux questions religieuses que ces situations soulèvent.
Certains rabbins ont déjà commencé à appliquer concrètement leur formation. "Un rabbin communautaire a de nombreuses opportunités de sensibiliser à ce sujet et de communiquer qu'il est une adresse pour le partage et l'accompagnement", souligne le tribunal.
L'une des préoccupations centrales de cette formation est de lutter contre l'instrumentalisation de la religion par les agresseurs. "Souvent, les agresseurs se cachent derrière la Torah, et l'agression se fait au nom de la Halakha", dénonce le tribunal rabbinique.
Dans ce contexte, l'intervention d'un rabbin formé et capable d'offrir un soutien professionnel aux victimes devient cruciale. "C'est presque comme de l'oxygène" pour les victimes, explique-t-on au tribunal, tout en précisant que cela envoie un message clair à l'ensemble de la communauté : "De tels actes ne passeront pas sous silence".
Les responsables de la formation insistent sur l'effet préventif de cette démarche. "Il est important de savoir que les agresseurs sont sensibles à de tels messages et sur la base de tel ou tel signal envoyé, ils choisissent également où vivre et qui agresser", expliquent-ils.