Au fil des communiqués publiés par le bureau du Premier ministre, un crédit photo pour le moins surprenant est apparu : celui de Sarah Netanyahu, épouse du chef du gouvernement. Les clichés concernés illustrent des événements officiels — cérémonies d’État, déplacements publics, commémorations — habituellement couverts par les photographes accrédités du Bureau de la presse gouvernementale.
Ces images n’ont toutefois pas été diffusées par la voie institutionnelle classique, mais directement par le bureau du Premier ministre. En bas des communiqués, le crédit mentionne conjointement « Sarah Netanyahou et Maayan Toaf, Bureau de la presse gouvernementale », sans précision permettant d’identifier quelles photos ont été prises par qui.
Le bureau du Premier ministre a confirmé que certaines images avaient été prises à l’aide du téléphone personnel de Sarah Netanyahu. « Lorsqu’une photo est prise avec son appareil privé, le crédit lui revient », a-t-on expliqué. En revanche, aucune réponse n’a été apportée à la question de savoir pourquoi des images privées sont utilisées dans des communications officielles, alors même que des photographes institutionnels sont présents sur place.
De son côté, le Bureau de la presse gouvernementale a tenu à se désolidariser de la démarche, précisant que ses photographes n’étaient pas impliqués dans la diffusion de ces images. Les photos concernées accompagnent notamment la cérémonie d’allumage de la deuxième bougie de Hanouka au mur Occidental avec des soldats de Tsahal, la pose de la première pierre d’un quartier à Dimona baptisé du nom de Yonatan Netanyahou, ou encore la venue du couple Netanyahou à Netanya pour rendre hommage à l’ancienne maire Miriam Feirberg-Ikar.
Cette pratique intervient dans un contexte de sensibilité accrue autour de l’image publique de Sarah Netanyahou. Ces derniers mois, plusieurs internautes ont accusé le bureau du Premier ministre de retoucher certaines photographies diffusées officiellement. Des soupçons de recours excessif à Photoshop ont notamment émergé à propos de clichés pris lors de visites officielles aux États-Unis ou d’événements familiaux, conduisant même Sarah Netanyahou à supprimer un post en avril dernier.
Si la loi n’interdit pas à un proche du Premier ministre de prendre des photos, l’intégration de clichés privés dans la communication institutionnelle soulève néanmoins des questions sur les usages, la transparence et la confusion croissante entre représentation officielle et mise en scène personnelle du pouvoir.
Dans un État où chaque détail protocolaire est scruté, un simple crédit photo peut ainsi devenir un signal politique.
POUR VOUS INSCRIRE A LA NEWSLETTER CLIQUEZ ICI : https://israj.media-j.com/newsletter
POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael