L'Assemblée générale de l'ONU a adopté vendredi une résolution exigeant qu'Israël coopère avec les organes onusiens, en particulier l'UNRWA. Le texte a recueilli 139 votes favorables, 12 voix contre et 19 abstentions.
Pour la première fois depuis le rétablissement des relations diplomatiques entre Israël et la Bolivie, officialisé cette semaine à Washington lors d'une cérémonie où le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Sa'ar et son homologue bolivien ont signé un accord, La Paz a voté en faveur d'Israël et contre la résolution. Ce revirement survient après que l'agence Reuters a révélé l'intention de l'administration Trump d'imposer des sanctions à l'UNRWA en raison de "liens présumés avec le terrorisme".
Israël dénonce une décision "absurde"
L'ambassadeur d'Israël auprès de l'ONU, Danny Danon, a vivement réagi : "Aucune décision ne modifiera la position d'Israël. L'UNRWA est une organisation qui soutient le terrorisme et ses employés ont participé à des enlèvements, des meurtres et ont caché des terroristes. Je salue les pays qui s'efforcent de dénoncer l'infiltration du terrorisme par cette organisation corrompue. Israël continuera de protéger ses citoyens et ne coopérera pas avec une organisation qui agit contre lui."
Le ministère des Affaires étrangères israélien a dénoncé "l'appel de l'Assemblée générale de l'ONU à Israël de coopérer avec l'UNRWA et le Hamas", affirmant que cela "prouve une fois de plus que cette instance est moralement corrompue". Jérusalem assure disposer de "nombreux documents et vidéos" attestant que des employés de l'UNRWA ont participé au massacre du 7 octobre, et que l'agence a permis au Hamas d'utiliser ses installations comme quartier général, pour y stocker des armes et détenir des otages.
Il y a environ deux mois, la Cour internationale de Justice avait statué qu'Israël devait garantir les besoins fondamentaux de la population civile de Gaza et soutenir l'aide humanitaire apportée par les Nations Unies, notamment via l'UNRWA. Le collège de onze juges avait relevé qu'Israël "n'a pas prouvé ses allégations selon lesquelles un nombre important d'employés de l'UNRWA seraient membres du Hamas".
Le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié cette procédure de "théâtre politique", dénonçant une "machine politique cynique" visant à "ignorer la réalité" et saluant "les pays qui n'ont pas soutenu cette décision honteuse".
La rupture consommée
Il y a environ un an, la Knesset a adopté en deuxième et troisième lectures une loi visant à mettre fin aux activités de l'UNRWA sur le territoire israélien, principalement dans les quartiers est de Jérusalem. Ce projet de loi, présenté par le député Boaz Bismut en collaboration avec la députée Sharren Haskel, a été voté malgré les pressions internationales.
Quelques jours plus tard, le ministère des Affaires étrangères a notifié à l'UNRWA l'annulation de l'accord signé entre les parties en 1967, qui servait de base juridique à leurs relations. Le personnel de l'agence a été sommé de quitter ses bureaux à Jérusalem dans un délai d'environ un mois.