La pénurie de main-d’œuvre en Israël atteint des niveaux inédits. Les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, des transports et du commerce de détail peinent à recruter, avec plusieurs dizaines de milliers de postes vacants. Face à cette situation, les entreprises multiplient les initiatives innovantes — souvent coûteuses — pour attirer du personnel, avec des résultats mitigés.
Dans la restauration, la situation est particulièrement critique. Aucun établissement n’échappe à la nécessité pour les propriétaires et managers de se mettre eux-mêmes au service des clients ou au nettoyage des tables. Bernardo Blachovich, copropriétaire du groupe « Café Gan Sipur », déplore un manque de 250 employés dans ses restaurants. « Nous survivons en fermant des zones », explique-t-il sur la chaîne 12. « Souvent, une partie du restaurant reste fermée faute de personnel, et ceux qui travaillent doivent prendre en charge davantage de tâches. »
Le problème ne réside pas dans les salaires, souligne Blachovich : « Nous payons très bien. Les étudiants qui travaillent chez nous gagnent moins ailleurs, mais la pénurie persiste. »
Selon Keenan Maman, PDG de Keshet Ta’im, la jeune génération privilégie la flexibilité et l’autonomie : « Les jeunes sortant de l’armée choisissent eux-mêmes leur travail. Aujourd’hui, ils veulent travailler à domicile ou selon leurs horaires. Ils sont maîtres de leur destin. »