Allez, enfilez vos moon boots ! Direction le mont Hermon, le toit blanc d’Israël, là où se trouve la seule station de ski du pays. Un site emblématique qui se prépare déjà à fêter un cap symbolique : ses 55 ans en 2026. Et le timing est parfait : depuis la nuit dernière, la neige tombe sur ce sommet culminant à 2 300 mètres d’altitude, sur les hauteurs du Golan.
De décembre à février – parfois jusqu’en mars – chaque shabbat dès 6 heures du matin, les Israéliens attendent fébrilement le bulletin météo pour savoir si le mont est enneigé et accessible.À la moindre annonce favorable, des milliers de voitures se ruent vers le mont Hermon, quitte à faire la queue plusieurs heures sur la route. On y vient en famille ou entre amis pour skier, faire de la luge ou du snowboard, et construire des bonhommes de neige, mais aussi pour admirer un panorama spectaculaire sur la Galilée et le Golan.

Même Shimon Peres, za"l, faisait des bonhommes de neige sur le Hermon
Avec près de 400 000 visiteurs par saison et une capacité d’accueil de 12 000 personnes par jour, la station est devenue un passage obligé de l’hiver israélien et l’une des plus développées du Moyen-Orient après Mzaar-Faraya, au Liban. Elle constitue aussi une source de revenus essentielle pour les communautés voisines de Neve Ativ et de la ville druze de Majdal Shams.
Temple de la glisse aujourd’hui, le mont Hermon fut longtemps une montagne sacrée. Un peuplement hébreu y était déjà attesté à la fin de l’époque du Second Temple. Son nom apparaît dans les textes sous plusieurs appellations – Sihon, Shanir, Sirion – issues d’une racine hébraïque signifiant « lieu sacré ». La Bible évoque « la rosée de l’Hermon qui descend sur les montagnes de Sion », allusion aux rivières issues de la fonte des neiges qui alimentent le Jourdain et le lac de Tibériade.
Surnommé les « yeux d’Israël », le mont Hermon occupe aussi une position géostratégique clé. Son sommet se partage entre Israël, la Syrie et le Liban, au cœur d’une zone de tension permanente. En raison de la proximité avec la Syrie, avec laquelle Israël reste officiellement en guerre, la station est fortement militarisée. Patrouilles de Tsahal, poste d’observation de Mitzpe Shelagim à 2 210 mètres d’altitude, entraînements de l’unité alpine : touristes et réservistes se croisent parfois sur les pistes. Le hors-piste reste strictement interdit, au risque de franchir une frontière sans s’en rendre compte.
