La Maison-Blanche a publié fin de semaine dernière sa "Stratégie de sécurité nationale 2025" – un document fondamental qui dessine la vision des États-Unis concernant les menaces mondiales, les priorités et les orientations politiques pour les années à venir.
Au-delà du langage offensif caractéristique de l'administration actuelle, le document annonce officiellement ce qui semblait inimaginable pendant des décennies : la vision qui a conduit aux accords d'Oslo et qui prévaut depuis n'est plus la base de la politique américaine au Moyen-Orient.
Washington cesse d'essayer de produire des "solutions imposées" au conflit israélo-palestinien, et se prépare à une ère où la région se gère davantage comme une économie d'investissements et moins comme une scène pour des manœuvres diplomatiques forcées.
Selon le document, le Moyen-Orient a cessé d'être le centre principal de la politique étrangère américaine, après des décennies durant lesquelles le marché énergétique mondial dominait la conception stratégique. Désormais, alors que les États-Unis redeviennent un exportateur d'énergie majeur, leur priorité envers la région change officiellement.
Quatre objectifs stratégiques
Les États-Unis détaillent quatre objectifs centraux dans la région :
Empêcher qu'une puissance hostile ne s'empare des ressources énergétiques et des routes commerciales – explicitement contre l'Iran
La sécurité d'Israël et l'engagement à garantir qu'Israël reste un État sûr et stable
La lutte contre le terrorisme et la prévention de la transformation de la région en réservoir de menaces contre le sol américain
L'élargissement des accords de paix et de normalisation – renforcement et extension des Accords d'Abraham
L'Iran
Selon le document, l'Iran est considérée comme le principal perturbateur au Moyen-Orient, mais sa puissance s'est érodée depuis octobre 2023 et suite à l'opération "Marteau de Minuit" de Trump en juin 2025, qui a significativement frappé le programme nucléaire, en appui de l'opération israélien Eveil du Lion.
Israël au cœur de la stratégie
Le document mentionne Israël à plusieurs reprises et le positionne comme un partenaire régional qui non seulement exige la sécurité – mais contribue à la stabilité, à l'économie et à l'innovation. Il ne contient pas une seule mention des modèles internationaux qui ont tenté d'imposer auparavant une solution au conflit, mais renforce plutôt l'idée que la région progresse à travers des accords économiques, des alliances régionales et la création de mécanismes de prospérité partagée.
C'est aussi sur cette base que s'exerce la pression du Président Trump pour faire avancer la prochaine phase à Gaza – une phase où le Hamas ne fait déjà plus partie de l'équation, car il ne correspond pas à la nouvelle vision régionale.
Gaza
Washington note des progrès vers une réalité plus stable grâce au cessez-le-feu et à la libération des otages obtenus par médiation américaine. Le soutien des États qui appuyaient le Hamas s'est affaibli, ce qui permet une nouvelle opportunité politique.
Syrie
La stratégie établit que la Syrie reste source de défis, mais "pourrait se stabiliser" et devenir un acteur positif, avec le soutien des États-Unis, des pays arabes, d'Israël et de la Turquie.
Un renversement de la logique politique
Le document expose clairement un fait inédit dans la vision américaine : les États-Unis cessent d'essayer de transformer les sociétés du Moyen-Orient. Il n'y aura plus de tentatives d'imposer la démocratie par la force, mais une coopération avec les dirigeants tels qu'ils sont.
Les nouveaux principes d'action :
Acceptation mutuelle : travailler avec les États de la région tels qu'ils sont, non tels que Washington voudrait qu'ils soient
Réformes de l'intérieur uniquement : les réformes ne sont bienvenues que lorsqu'elles émergent de processus internes
Transition vers un environnement d'investissements : le Moyen-Orient est présenté comme une cible centrale pour les investissements en technologie, énergie nucléaire, intelligence artificielle et industries de défense