Le président syrien par intérim Ahmed al-Charaa a mis en garde ce samedi contre les demandes israéliennes visant à établir une zone démilitarisée dans le sud de la Syrie, affirmant qu'elles placent le pays dans une "position dangereuse". Ces déclarations ont été faites lors d'une conférence à Doha, alors que les tensions persistent entre les deux pays voisins.
Selon Ahmed al-Charaa, la Syrie refuse toute modification de l'accord de désengagement signé avec Israël en 1974. Ce texte constitue selon lui "un accord fructueux" qui ne doit pas être remis en cause. Le dirigeant syrien a averti que toute tentative d'imposer de nouveaux arrangements sécuritaires conduirait à une situation périlleuse.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de négociations entre responsables israéliens et syriens, facilitées par Washington. Les deux parties affirment rechercher un accord de sécurité, mais les positions demeurent antagonistes. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou conditionne tout accord à la démilitarisation de l'ensemble du territoire syrien s'étendant du sud de Damas jusqu'à la ligne de démarcation de 1974.
Depuis la chute du président Bachar al-Assad il y a un an, renversé par une coalition islamiste, Israël a considérablement intensifié sa présence militaire en Syrie, craignant des agressions de la part du nouveau régime dont les fondamentaux idéologiques nourrissent les inquiétudes. L'État hébreu a mené des centaines de frappes aériennes et conduit plusieurs incursions terrestres. Des troupes israéliennes ont été déployées dans la zone démilitarisée du plateau du Golan, au-delà de la ligne de démarcation séparant la partie annexée par Israël du reste du territoire syrien.