L'émissaire du président Trump au Liban, Morgan Ortagus, est arrivée mardi en Israël où elle a déjà tenu une série d'entretiens avec le Premier ministre et le ministre de la Défense, en présence également du chef du renseignement militaire, le général Shlomi Binder. Tandis que les Américains déploient tous leurs efforts pour enrayer la détérioration et l'effondrement de l'accord de cessez-le-feu, Israël a présenté aujourd'hui à l'émissaire américaine les renseignements dont il dispose concernant les tentatives du Hezbollah de se reconstituer et de se renforcer.
L'ensemble des éléments de preuve israéliens a été exposé à l'émissaire, démontrant que l'armée libanaise n'est ni capable ni désireuse de faire cesser les violations commises par le Hezbollah. Un haut responsable israélien s'exprimant sur la chaine israélienne N12 a déclaré qu'« Israël a besoin de la légitimité américaine pour toute mesure qui sera décidée ».
Avant sa rencontre avec le Premier ministre et le ministre de la Défense, l'émissaire américaine s'était entretenue avec le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, qui lui a exposé l'analyse israélienne concernant le Hezbollah : « L'organisation terroriste se réarme à un rythme bien plus rapide qu'elle ne se désarme. La responsabilité incombe au gouvernement libanais. Il y a également des transferts de fonds de l'Iran vers le Hezbollah transitant par la Turquie. Il faut y mettre un terme. »
La pression s'intensifie à Beyrouth à l'approche de la fin de l'opération « Patrie », qui doit s'achever ce mois-ci. Cette opération devait théoriquement permettre à l'armée libanaise de déployer ses forces sur tout le territoire au sud du Litani et de le nettoyer des armes du Hezbollah. Face à l'échec de cette opérationune reprise des frappes israéliennes est sérieusement envisagée.
Dans ce contexte, de nombreux articles paraissent dans la presse libanaise affirmant qu'Israël transmet des messages au gouvernement libanais indiquant une forte probabilité qu'il durcisse ses actions contre le Hezbollah. Lundi par exemple, l'émissaire américain a transmis un message aux milices chiites en Irak, les prévenant que même dans l'hypothèse où Israël attaquerait le Hezbollah, elles devront rester à l'écart.