La déclassification de documents d'archives inédits prouvent la complicité de l'Argentine et d'autres pays d'Amérique du Sud dans la fuite de celui qui était surnommé ''l'ange de la mort'' d'Auschwitz.
Les documents révèlent que le criminel nazi est arrivé en Argentine en 1949 avec un faux passeport italien au nom de Gregor Helmuth, et qu'il a même obtenu des papiers d'identité officiels sous ce nom. Plus troublant encore : dès le milieu des années 1950, les services argentins connaissaient sa véritable identité sans jamais intervenir.
Les archives dévoilent l'existence d'un réseau de protection étendu, mobilisant la diaspora allemande locale et des complices jusqu'au Brésil. Photographies, fichiers d'immigration, rapports de filature et échanges entre agences de renseignement estampillés "top secret" témoignent d'une surveillance... sans conséquence. Les autorités argentines documentaient méticuleusement ses déplacements, ses rencontres et ses activités commerciales, sans jamais passer à l'action.
Parmi les pièces les plus accablantes figure un article de presse archivé dans les dossiers officiels : l'interview de José Formanski, rescapé d'Auschwitz établi en Argentine, qui affirmait avoir reconnu et croisé Mengele. "Je l'ai parfaitement identifié. Je l'avais vu dans le camp en uniforme SS", déclarait-il, évoquant les expérimentations monstrueuses subies par lui-même et son frère jumeau. La présence de ce témoignage dans les archives gouvernementales constitue une preuve accablante de l'inaction délibérée des pouvoirs publics.
Lorsque l'Allemagne réclame formellement son extradition en 1959, un magistrat argentin balaie la demande en invoquant une supposée "persécution politique". Les archives mettent également en évidence un cloisonnement dysfonctionnel entre services de renseignement, chacun détenant des informations capitales sans jamais les mutualiser, paralysant ainsi toute perspective d'arrestation.