Ce soir, après une série d’informations relayées par “des sources proches”, la présidence a rectifié :
« Toute publication qui ne vient pas du porte-parole officiel de la résidence du Président n’est pas pertinente. » Et de préciser : « Le président n’a fixé aucune condition. Le dossier vient seulement d’être transmis pour avis, et le président n’a pas ouvert son examen. Il ne subira aucune pression. Après réception de toutes les expertises, il décidera avec responsabilité et sérieux. »
Mais le piège est là : S’il accorde la grâce, Herzog perdra la gauche, le centre – et une partie de la droite – farouchement opposés à tout pardon sans remords.S’il la refuse, il sera sanctifié à gauche, mais deviendra la cible permanente de la droite. Dans cette équation, il n’y a pas de victoire possible. Et pourtant, c’est peut-être le moment qu’Herzog attendait : son véritable baptême du feu comme chef de l’État, un test de leadership où la popularité ne compte pas, mais la légitimité, oui.
La requête de Netanyahou complique la tâche : zucun aveu, aucune reconnaissance des faits, aucune expression de regret, aucune intention de quitter la vie politique.
Dans sa déclaration, il affirme que son intérêt personnel aurait été d’aller jusqu’au bout du procès « pour prouver son innocence », mais que « l’intérêt public » lui commande de demander une grâce, au nom de l’unité du peuple.
Le président avait déjà laissé entendre qu’il soutiendrait une solution qui permettrait d’apaiser le pays, mais une telle solution doit inclure des garanties, notamment sur la réforme judiciaire, l’architecture institutionnelle, la nécessité de réparer la fracture nationale. Or dans cette demande, Netanyahou n’offre aucune contrepartie.