Les circuits traditionnels de Hezbollah — via la Syrie ou l’aéroport de Beyrouth — sont aujourd’hui fragilisés. La chute du régime d’Assad, qui assurait une grande partie de la logistique, a perturbé les routes de contrebande, et les autorités libanaises ont accru leurs inspections à l’aéroport.
Dans ce contexte, l’Iran s’appuie davantage sur les Émirats arabes unis. Les revenus du pétrole iranien sont versés à des bureaux de change, entreprises privées et intermédiaires liés à l’Iran à Dubaï. Les fonds sont ensuite transmis à Hezbollah au Liban à travers un mécanisme informel :
un agent iranien dépose l’argent à Dubaï, un commerçant libanais le remet à Hezbollah, et les deux opérateurs « règlent leurs comptes » ultérieurement, sans laisser de trace bancaire.
Un responsable émirati affirme que son pays est « engagé à empêcher l’utilisation abusive de son territoire » pour financer des organisations terroristes et travaille avec ses partenaires occidentaux pour démanteler ces réseaux. Les EAU sont depuis longtemps considérés comme un hub financier opaque. Ils avaient été placés en « liste grise » de la FATF en 2022 pour insuffisance de contrôle contre le blanchiment, avant d’en être retirés deux ans plus tard après des réformes.
Le haut responsable américain interrogé par le WSJ ajoute que les États-Unis surveillent également des flux financiers transitant par la Turquie et l’Irak. L’accord de cessez-le-feu qui a mis fin au conflit Israël–Hezbollah il y a un an impose au Liban de sécuriser ses points d’entrée afin d’empêcher l’acheminement d’armes et d’argent vers les groupes armés.