Selon toutes les estimations du marché, la Banque d’Israël devrait abaisser demain, lundi, son taux d’intérêt pour la première fois depuis janvier 2024. Les analystes prévoient une baisse modérée d’un quart de point, de 4,5 % à 4,25 %. Si elle se confirme, cette décision marquera un tournant après une longue période durant laquelle les taux sont restés exceptionnellement élevés pour contenir l’inflation. La confiance des acteurs financiers s’explique par la chute de l’inflation, passée en quelques mois de 4 % à 2,5 %, soit au cœur de la cible de la Banque d’Israël -1 % à 3 %. S’ajoutent à cela un renforcement marqué du shekel et une diminution sensible de l’intensité des combats à Gaza.
La baisse du taux directeur ne touchera pas tout le monde de la même manière. Les emprunteurs disposant d’un prêt immobilier ou d’un crédit à taux variable indexé sur le Prime verront leur mensualité diminuer — mais l’effet immédiat restera limité. Selon une simulation de l’Association des conseillers en crédit immobilier, pour un prêt moyen d’un million de shekels sur 25 ans, dont environ la moitié dépend du Prime, une baisse d’un quart de point réduira la mensualité de seulement 68 shekels. Sur l’ensemble de la durée du prêt, l’économie peut toutefois atteindre environ 20 000 shekels.
Cette réduction ne transformera donc pas fondamentalement la capacité des ménages à rembourser leurs prêts et n’allégera pas vraiment la situation des jeunes couples. À l’inverse, les épargnants verront probablement leurs rendements reculer : les dépôts bancaires, fonds monétaires et obligations devraient être moins rémunérateurs. En général, lorsque les taux reculent, d’autres placements — comme les actions — réagissent positivement.
L’objectif de cette baisse est de soutenir l’économie : relancer les investissements, faciliter l’accès au crédit et stimuler la croissance. L’économie israélienne a d’ailleurs connu un rebond marqué au troisième trimestre 2025, avec un PIB par habitant revenu à son niveau d’avant la guerre. Mais une croissance plus modérée est attendue en 2026, tandis que le marché du travail reste très tendu, ce qui peut créer des pressions salariales et inflationnistes.