Une réunion sécuritaire consacrée à la recrudescence de la criminalité nationaliste en Judée-Samarie s'est tenue jeudi au cabinet du Premier ministre Benyamin Netanyahou. Y participaient David Zini, chef du Shin Bet, le général de division Avi Blut, commandant du Commandement central, ainsi que des ministres et hauts responsables des secteurs de la sécurité, de l'éducation et des affaires sociales.
300 jeunes impliqués, une soixantaine de meneurs identifiés
Les données présentées révèlent l'ampleur du phénomène : sur plus d'un demi-million d'Israéliens vivant en Judée-Samarie, environ un millier de jeunes ont abandonné leurs études. Parmi eux, quelque 800 travaillent dans des exploitations agricoles sous encadrement, tandis que 300 environ sont impliqués dans des actes de violence.
Au sein de ce dernier groupe, une soixantaine d'individus clés ont été identifiés comme meneurs. Il ne s'agit pas nécessairement de jeunes, mais souvent d'adultes qui incitent les plus jeunes à la violence. Les 230 autres personnes sont qualifiées de "suiveurs". Certains participants ne sont même pas résidents de Judée-Samarie, mais viennent d'autres régions du pays "pour l'action".
La discussion a mis en lumière les causes multiples de cette escalade : la désorganisation du système éducatif pendant la guerre, l'absence de personnel éducatif et social en raison de leur mobilisation en service de réserve, et une anxiété généralisée chez les jeunes. Cette angoisse est particulièrement forte dans cette région en raison de la proximité des villages palestiniens et de la crainte d'une répétition des événements du 7 octobre.
Le général Avi Blut a souligné qu'"il est impossible d'appliquer des méthodes pédagogiques classiques à des jeunes qui ne font pas partie du système éducatif traditionnel". Selon lui, "l'État doit aller à leur rencontre dans les collines et les fermes" plutôt que d'attendre qu'ils se rendent dans des établissements scolaires.
Blut a défendu l'importance stratégique des exploitations agricoles, affirmant qu'elles constituent "un atout majeur pour l'effort israélien sur le terrain" et qu'elles ont permis "pour la première fois d'empêcher une prise de contrôle palestinienne de zones stratégiques".
Netanyahou a abondé dans son sens : "Les fermes réglementées sont une chose positive. Elles commencent à apporter une réponse aux activités de l'Autorité palestinienne sur le terrain."