Le feu vert donné par Benyamin Netanyahou pour reprendre les débats sur la loi de conscription permet aux élus de Shass de revenir dans les commissions parlementaires. Mais le cœur du problème demeure : depuis l’expiration du mandat des ministres intérimaires, il y a environ un mois, six portefeuilles clés fonctionnent uniquement grâce à leurs directeurs généraux, faute de ministre nommé. Une situation qui découle du refus des partis ultra-orthodoxes d’approuver des ministres permanents tant que la question de la loi sur la conscription n’est pas réglée. Dans ces ministères, décisions, décrets et nominations relevant strictement de l’autorité d’un ministre sont désormais impossibles. La procureure générale Gali Baharav-Miara a adressé une lettre ferme au Premier ministre, l’enjoignant de nommer sans délai des remplaçants. Elle y avertit que cette paralysie « porte gravement atteinte au fonctionnement du gouvernement et au public ».
Affaires religieuses : nominations bloquées et système sous tension
Sans ministre des Services religieux, les procédures de nomination de rabbins municipaux sont gelées dans des dizaines de villes. Dans certains cas, la cacherout locale dépend d’une autre municipalité, alourdissant des services déjà saturés. Les réformes internes du ministère, déjà entamées, sont elles aussi bloquées faute de ministre pour les présenter au gouvernement et dans les commissions.
Intérieur : des décisions urgentes gelées
La situation n’est guère meilleure au ministère de l’Intérieur. Depuis la démission de Moshe Arbel, remplacé un temps par Yariv Levin, certaines décisions nécessitant impérativement une signature ministérielle sont suspendues : expulsions administratives, dossiers de réfugiés, autorisations exceptionnelles ou encore nominations temporaires. Le ministère continue toutefois d’acheminer des fonds pour les populations déplacées du Sud, du Nord et de la guerre contre l’Iran, notamment après avoir transféré 260 millions de shekels aux municipalités sous Arbel — mais plusieurs procédures cruciales restent paralysées.
Santé : une vacance ministérielle aux conséquences potentiellement dramatiques
C’est probablement au ministère de la Santé que l’absence d’un ministre pèse le plus lourd. Depuis la démission d’Uriel Buso, Israël se retrouve sans ministre de la Santé en pleine période d’après-guerre et au moment où doivent être décidées des mesures vitales pour des centaines de milliers de citoyens. L’épisode le plus marquant est le retard pris dans la nomination du comité du panier de soins. Les décisions de ce comité influencent chaque année l’accès aux traitements les plus essentiels. Finalement, le gouvernement a dû nommer lui-même ses membres, dans une procédure exceptionnelle, à la veille de l’ouverture des travaux.La présidente du comité, la professeure Dina Ben-Yehuda, a rappelé en ouvrant les débats que la guerre terminée laisse place à une autre bataille : celle du traumatisme national, du besoin de soins psychologiques, du renforcement des hôpitaux, du manque de personnel et de l’anticipation des prochaines escalades sécuritaires.