Mediapart n’en finit pas de nous divertir.
Leur dernière pitrerie ? S’ériger contre un colloque organisé au Sénat sur un sujet hautement sensible : l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre.
Le motif avancé ? Selon un article publié la veille de notre colloque du 10 novembre, il s’agirait d’une opération de « propagande » israélienne. Rien que ça. Pour rappel, ce colloque s’est tenu au Palais du Luxembourg, sous le haut patronage de la sénatrice Dominique Vérien, présidente de la Délégation aux droits des femmes au Sénat, avec l’objectif de renforcer l’action contre ces crimes commis en temps de guerre.
N’en déplaise à ses inquisiteurs professionnels, Mediapart — qui a pourtant consacré dans le passé quelques papiers et reportages à cette thématique — semble cette fois plus préoccupé à fouiner dans les poubelles d’ELNET France, organisateur de l’évènement, dont le fonctionnement irréprochable est aussi légal que transparent.
Car oui, la barbarie du 7 octobre 2023 en Israël a largement motivé cette rencontre. Les témoignages recueillis depuis ce massacre de civils ont révélé l’horreur de violences sexuelles infligées à plusieurs femmes israéliennes, pendant les attaques comme durant leur détention dans les geôles du Hamas à Gaza.
De cela, pas un mot dans Mediapart. Le journal s’emploie une nouvelle fois à délégitimer l’État juif, ses actions sécuritaires, diplomatiques, voire à le nazifier en parlant de « propagande ». Comme s’il fallait rappeler que ce terme renvoie à un ministère entier dirigé à l'époque par Goebbels dans l’Allemagne nazie, chargé de manipuler l’opinion pour diffuser une idéologie totalitaire. Une comparaison paranoïaque que Mediapart semble rêver d’attribuer à Israël, présenté en nouvel « empire nazi ».
Mediapart devra aussi nous expliquer en quoi rappeler les viols collectifs commis à Boutcha par l’armée russe, largement documentés pendant la conférence, relèverait d’une stratégie de propagande pro-israélienne. Et que dire des centaines d’adolescentes enlevées et violées par Boko Haram, des esclaves sexuelles yézidies de Daesh, ou encore des violences sexuelles au Congo ou au Soudan, détaillées par le Père Patrick Desbois ? Là encore, pas un mot.
Mais ce qui heurte vraiment Mediapart, c’est qu’une Israélienne — Shelly Tal Meron — députée de l’opposition à la Knesset, soit à l’origine de la Coalition mondiale des femmes contre la violence sexuelle comme arme de guerre. Et qu’Aurore Bergé, ministre française chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, lui apporte son soutien.
Inconcevable également qu’une avocate israélienne, Yaël Vias Gvirsman, puisse animer une table ronde réunissant une juriste ukrainienne, une Colombienne, et une Française. Pour Mediapart, il suffit d’être Israélien pour être un « sioniste fasciste génocidaire ». Un Reductio ad Israelum permanent qui donne la nausée.