La Haute Cour de justice a ordonné ce mercredi à l’État d’élaborer dans un délai de 45 jours une politique claire et efficace de sanctions pour lutter contre l’évitement du service militaire parmi les Haredim. Cette injonction intervient alors que le gouvernement a donné dans la matinée son feu vert à un vote sur la loi de conscription, dont la progression est aujourd’hui bloquée : le Likoud a annoncé qu’il ne la porterait pas en séance, faute de majorité.
Dans sa décision, la Cour rappelle que l’État ne peut dispenser les étudiants des yeshivas du service militaire sans cadre législatif spécifique. Elle interdit également l’octroi d’avantages financiers liés, directement ou indirectement, à ceux qui ne s'enrôleent pas.
Le juge Noam Solberg, auteur de la décision, a fait référence au projet de loi actuellement discuté : puisque le texte mentionne explicitement des mesures économiques pour lutter contre la désertion il est difficile, selon lui, pour le gouvernement de prétendre que ces sanctions seraient inefficaces.
Au sein de la coalition, les réactions se multiplient. Un responsable du parti Agoudat Israël a appelé à « adopter immédiatement une loi réglementant le statut des étudiants de yeshiva ». Le ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Ofir Sofer, a estimé que « l’État d’Israël a besoin de soldats, pas de temps perdu ». Il a ajouté qu’aucune loi « inappropriée » ne serait acceptée, appelant à des mesures concrètes comme le renforcement de la brigade orthodoxe Hasmonaim de Tsahal avant tout nouveau texte.